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Dernière mise à jour : 3 janvier 2026

Holmium (67) : L'Atome Magnétique des Lasers Médicaux

Modèle de l'atome d'holmium

Rôle de l'Holmium en Astrophysique et Cosmologie

Synthèse stellaire de l'holmium

L'holmium est synthétisé dans les étoiles principalement par le processus s (capture lente de neutrons) qui se produit dans les étoiles AGB (géantes asymptotiques) de faible à moyenne masse, avec une contribution significative du processus r (capture rapide de neutrons) lors d'événements explosifs comme les supernovae. Les modèles nucléosynthétiques estiment qu'environ 65-75% de l'holmium solaire provient du processus s, et 25-35% du processus r. En tant que lanthanide avec un nombre impair de protons (67), il est moins abondant que ses voisins pairs (dysprosium-66 et erbium-68) selon la règle d'Oddo-Harkins.

Abondance cosmique et caractéristiques

L'abondance cosmique de l'holmium est d'environ 5,0×10⁻¹³ fois celle de l'hydrogène en nombre d'atomes, ce qui le rend environ 4 fois moins abondant que le dysprosium et l'un des lanthanides les moins abondants avec le thulium et le lutécium. Cette rareté relative reflète à la fois sa position dans la "vallée" des abondances des terres rares lourdes et le fait qu'il possède un nombre impair de protons, ce qui le rend moins stable nucléairement et donc moins produit dans les processus de nucléosynthèse stellaire.

Traceur des processus de capture neutronique

L'holmium est utilisé en astrophysique comme traceur supplémentaire pour étudier les rapports entre les processus s et r. Le rapport holmium/europium (Ho/Eu) fournit des informations complémentaires à d'autres rapports de lanthanides. Comme l'europium est presque exclusivement produit par le processus r, un rapport Ho/Eu élevé indique une contribution plus importante du processus s. L'holmium est également étudié dans les étoiles riches en éléments du processus s (étoiles à baryum) pour mieux contraindre les modèles de nucléosynthèse dans les étoiles AGB.

Détection dans les spectres stellaires

La détection de l'holmium dans les atmosphères stellaires est difficile en raison de la faiblesse de ses raies spectrales, mais elle a été réalisée dans certaines étoiles grâce aux spectrographes modernes à haute résolution et haut rapport signal/bruit. Les raies de l'ion Ho II sont les plus utilisées pour ces analyses. Les abondances mesurées de l'holmium dans les étoiles de différentes populations (halo, disque) contribuent à reconstituer l'histoire de la nucléosynthèse des terres rares lourdes dans la Galaxie.

Histoire de la Découverte de l'Holmium

Étymologie et origine du nom

L'holmium tire son nom de Holmia, le nom latin de la ville de Stockholm, capitale de la Suède. Ce nom a été choisi pour honorer la ville natale de plusieurs chimistes qui ont contribué à la découverte des terres rares, ainsi que la région où le minerai d'Ytterby (source de nombreuses terres rares) est situé. Comme pour le terbium, l'erbium et l'ytterbium, le nom rappelle les origines suédoises de ces découvertes.

Découverte par Marc Delafontaine et Jacques-Louis Soret

L'holmium fut découvert indépendamment et presque simultanément en 1878 par deux groupes de chercheurs. D'abord, le chimiste suisse Marc Delafontaine et le physicien suisse Jacques-Louis Soret observèrent des raies spectrales inconnues dans des échantillons d'erbia (oxyde d'erbium) et annoncèrent la découverte d'un nouvel élément qu'ils nommèrent "Element X". Peu après, le chimiste suédois Per Teodor Cleve à Uppsala, en travaillant sur les mêmes matériaux, isola indépendamment l'holmium et lui donna son nom définitif.

Travaux de Per Teodor Cleve

Per Teodor Cleve (1840-1905) est généralement crédité de la découverte de l'holmium car il réussit à séparer deux nouveaux oxydes de l'erbia : un brun qu'il nomma holmia (oxyde d'holmium) et un vert qu'il nomma thulia (oxyde de thulium). Cleve utilisa des méthodes de cristallisation fractionnée répétées et identifia les propriétés spectrales distinctes de l'holmium. Il démontra qu'il s'agissait bien d'un nouvel élément et non d'une impureté de l'erbium connu.

Purification et isolement

L'isolation de l'holmium sous forme pure fut extrêmement difficile en raison de sa grande similitude chimique avec les autres terres rares lourdes, en particulier le dysprosium et l'erbium. Ce n'est qu'avec le développement des techniques d'échange ionique au milieu du 20ème siècle que l'holmium de haute pureté devint disponible. Le métal lui-même fut produit pour la première fois en 1911 par réduction du chlorure d'holmium avec du sodium métallique.

Présence terrestre et production

L'holmium est présent dans la croûte terrestre à une concentration moyenne d'environ 1,3 ppm (parties par million), ce qui en fait l'un des lanthanides les plus rares, comparable au terbium et au thulium. Il est environ 4 fois moins abondant que le dysprosium. Les principaux minerais contenant de l'holmium sont la bastnaésite ((Ce,La,Nd,Ho)CO₃F) et la monazite ((Ce,La,Nd,Ho,Th)PO₄), où il représente typiquement 0,05 à 0,1% de la teneur totale en terres rares, et la xénotime (YPO₄) où il peut être légèrement plus concentré.

La production mondiale d'oxyde d'holmium (Ho₂O₃) est d'environ 10 tonnes par an, ce qui en fait l'une des terres rares les moins produites. En raison de cette rareté et de ses applications spécialisées à haute valeur ajoutée, l'holmium est l'une des terres rares les plus chères, avec des prix typiques de 1 000 à 2 500 dollars par kilogramme d'oxyde. La Chine domine largement la production avec plus de 90% du total mondial.

L'holmium métallique est produit principalement par réduction métallothermique du fluorure d'holmium (HoF₃) avec du calcium métallique en atmosphère inerte d'argon. La production annuelle mondiale d'holmium métallique est d'environ 1 à 2 tonnes. Le recyclage de l'holmium est encore très limité en raison des faibles quantités utilisées et de la difficulté à le récupérer des produits complexes, mais il pourrait gagner en importance avec le développement des applications médicales et des lasers.

Structure et Propriétés Fondamentales de l'holmium

Classification et structure atomique

L'holmium (symbole Ho, numéro atomique 67) est le onzième élément de la série des lanthanides, appartenant aux terres rares du bloc f de la classification périodique. Son atome possède 67 protons, 98 neutrons (pour l'isotope stable unique \(\,^{165}\mathrm{Ho}\)) et 67 électrons avec la configuration électronique [Xe] 4f¹¹ 6s². Cette configuration confère à l'holmium des propriétés magnétiques exceptionnelles.

Propriétés physiques et magnétiques remarquables

L'holmium est un métal argenté, malléable et relativement mou. Il présente une structure cristalline hexagonale compacte (HC) à température ambiante. L'holmium possède des propriétés magnétiques exceptionnelles : il possède le plus haut moment magnétique de tous les éléments naturels (10,6 μB). Il est paramagnétique à température ambiante et devient antiferromagnétique en dessous de 132 K (-141 °C), puis présente une structure magnétique hélicoïdale complexe en dessous de 20 K (-253 °C). À très basse température (inférieure à 20 K), il devient ferromagnétique.

Points de transformation et conductivité

L'holmium fond à 1474 °C (1747 K) et bout à 2700 °C (2973 K). Comme la plupart des lanthanides, il présente des points de fusion et d'ébullition élevés. L'holmium présente une transformation allotropique à 1425 °C où sa structure cristalline passe de hexagonale compacte (HC) à cubique centrée (CC). Sa conductivité électrique est médiocre, environ 20 fois inférieure à celle du cuivre. L'holmium présente également une magnétorésistance géante à basse température.

Réactivité chimique

L'holmium est relativement stable à l'air sec à température ambiante, mais s'oxyde lentement pour former un oxyde Ho₂O₃ de couleur jaune à brunâtre. Il s'oxyde plus rapidement lorsqu'il est chauffé et brûle pour former l'oxyde : 4Ho + 3O₂ → 2Ho₂O₃. L'holmium réagit lentement avec l'eau froide et plus rapidement avec l'eau chaude pour former de l'hydroxyde d'holmium(III) Ho(OH)₃ et dégager de l'hydrogène. Il se dissout facilement dans les acides minéraux dilués. Le métal doit être conservé sous huile minérale ou en atmosphère inerte.

Caractéristiques thermiques et magnétiques (résumé)

Le point de fusion de l'holmium : 1747 K (1474 °C).
Le point d'ébullition de l'holmium : 2973 K (2700 °C).
Température de Néel (transition antiferromagnétique) : 132 K (-141 °C).
Température de transition vers l'ordre hélicoïdal : 20 K (-253 °C).
Structure cristalline à température ambiante : Hexagonale compacte (HC).
Moment magnétique : 10,6 μB (le plus élevé des éléments naturels).

Tableau des Isotopes de l'Holmium

Isotopes de l'holmium (propriétés physiques essentielles)
Isotope / NotationProtons (Z)Neutrons (N)Masse atomique (u)Abondance naturelleDemi-vie / StabilitéDésintégration / Remarques
Holmium-165 — \(\,^{165}\mathrm{Ho}\,\)6798164,930322 u≈ 100 %StableSeul isotope stable naturel de l'holmium. Possède le spin nucléaire le plus élevé de tous les isotopes stables (7/2).
Holmium-163 — \(\,^{163}\mathrm{Ho}\,\)6796162,928736 uSynthétique≈ 4 570 ansRadioactif (CE). Isotope à longue durée de vie utilisé en recherche fondamentale.
Holmium-166 — \(\,^{166}\mathrm{Ho}\,\)6799165,932281 uSynthétique≈ 26,8 heuresRadioactif (β⁻). Émetteur bêta et gamma, utilisé en médecine nucléaire pour la radiothérapie.
Holmium-166m — \(\,^{166m}\mathrm{Ho}\,\)6799165,932281 uSynthétique≈ 1 200 ansIsomère nucléaire métastable. Émetteur gamma intense, utilisé en recherche et calibration.
Holmium-167 — \(\,^{167}\mathrm{Ho}\,\)67100166,933133 uSynthétique≈ 3,1 heuresRadioactif (β⁻). Utilisé en recherche et en médecine nucléaire.

Configuration Électronique et Couches Électroniques de l'Holmium

N.B. :
Couches électroniques : Comment les électrons sont organisés autour du noyau.

L'holmium possède 67 électrons répartis sur six couches électroniques. Sa configuration électronique [Xe] 4f¹¹ 6s² présente onze électrons dans la sous-couche 4f. Cette configuration peut également s'écrire : K(2) L(8) M(18) N(18) O(29) P(2), ou de manière complète : 1s² 2s² 2p⁶ 3s² 3p⁶ 3d¹⁰ 4s² 4p⁶ 4d¹⁰ 4f¹¹ 5s² 5p⁶ 6s².

Structure Détaillée des Couches

Couche K (n=1) : contient 2 électrons dans la sous-couche 1s. Cette couche interne est complète et très stable.
Couche L (n=2) : contient 8 électrons répartis en 2s² 2p⁶. Cette couche est complète, formant une configuration de gaz noble (néon).
Couche M (n=3) : contient 18 électrons répartis en 3s² 3p⁶ 3d¹⁰. Cette couche complète contribue à l'écran électronique.
Couche N (n=4) : contient 18 électrons répartis en 4s² 4p⁶ 4d¹⁰. Cette couche forme une structure stable.
Couche O (n=5) : contient 29 électrons répartis en 5s² 5p⁶ 4f¹¹ 5d⁰. Les onze électrons 4f confèrent à l'holmium ses propriétés magnétiques exceptionnelles.
Couche P (n=6) : contient 2 électrons dans la sous-couche 6s². Ces électrons sont les électrons de valence externe de l'holmium.

Électrons de Valence et États d'Oxydation

L'holmium possède effectivement 13 électrons de valence : onze électrons 4f¹¹ et deux électrons 6s². L'holmium présente exclusivement l'état d'oxydation +3 dans ses composés stables. Dans cet état, l'holmium perd ses deux électrons 6s et un électron 4f pour former l'ion Ho³⁺ avec la configuration électronique [Xe] 4f¹⁰. Cet ion possède dix électrons dans la sous-couche 4f et présente un fort moment magnétique (10,6 μB), le plus élevé de tous les ions des terres rares.

Contrairement à certains lanthanides comme l'europium ou l'ytterbium, l'holmium ne forme pas d'état d'oxydation +2 ou +4 stable dans les conditions normales. Quelques composés d'holmium(II) ont été synthétisés en conditions extrêmes mais sont très instables et de curiosités de laboratoire. L'état +3 est donc le seul significatif chimiquement et technologiquement.

La chimie de l'holmium est dominée par l'état +3. L'ion Ho³⁺ possède un rayon ionique de 104,1 pm (pour une coordinance 8) et forme des complexes généralement jaune pâle en solution aqueuse. Ses propriétés magnétiques exceptionnelles sont exploitées dans les matériaux magnétiques et les systèmes de réfrigération magnétique. Les sels d'holmium présentent également une luminescence, bien que moins intense que celle d'autres lanthanides comme l'europium ou le terbium.

Réactivité Chimique de l'holmium

Réaction avec l'air et l'oxygène

L'holmium métallique est relativement stable à l'air sec à température ambiante, formant une fine couche d'oxyde protectrice de Ho₂O₃. À température élevée (au-dessus de 200 °C), il s'oxyde rapidement et brûle pour former l'oxyde : 4Ho + 3O₂ → 2Ho₂O₃. L'oxyde d'holmium(III) est un solide de couleur jaune à brunâtre avec une structure cubique de type C-rare earth (C-type sesquioxide). En poudre fine, l'holmium est pyrophorique et peut s'enflammer spontanément à l'air.

Réaction avec l'eau et formation d'hydroxyde

L'holmium réagit lentement avec l'eau froide et plus rapidement avec l'eau chaude pour former de l'hydroxyde d'holmium(III) Ho(OH)₃ et dégager de l'hydrogène gazeux : 2Ho + 6H₂O → 2Ho(OH)₃ + 3H₂↑. L'hydroxyde précipite sous forme d'un solide blanc à jaune pâle gélatineux peu soluble. Comme pour les autres lanthanides, la réaction n'est pas violente mais est observable sur le long terme.

Réactions avec les halogènes, acides et autres éléments

L'holmium réagit avec tous les halogènes pour former des trihalogénures correspondants : 2Ho + 3F₂ → 2HoF₃ (fluorure jaune pâle) ; 2Ho + 3Cl₂ → 2HoCl₃ (chlorure jaune). L'holmium se dissout facilement dans les acides minéraux dilués (acide chlorhydrique, sulfurique, nitrique) avec dégagement d'hydrogène et formation des sels correspondants de Ho³⁺ : 2Ho + 6HCl → 2HoCl₃ + 3H₂↑.

L'holmium réagit avec l'hydrogène à température modérée (300-400 °C) pour former l'hydrure HoH₂, puis HoH₃ à plus haute température. Avec le soufre, il forme le sulfure Ho₂S₃. Il réagit avec l'azote à haute température (>1000 °C) pour former le nitrure HoN, et avec le carbone pour former le carbure HoC₂. L'holmium forme également des complexes de coordination avec des ligands organiques, bien que cette chimie soit moins développée que pour certains autres lanthanides.

Propriétés magnétiques exceptionnelles

La propriété la plus remarquable de l'holmium est son moment magnétique exceptionnel. L'ion Ho³⁺ possède le moment magnétique le plus élevé de tous les ions des terres rares (10,6 μB) en raison de la combinaison optimale de ses onze électrons 4f. Ce fort moment magnétique est exploité dans plusieurs applications. De plus, l'holmium métallique présente le plus haut moment magnétique de tous les éléments naturels. À basse température, il présente des structures magnétiques complexes (hélicoïdales) qui en font un matériau modèle pour l'étude du magnétisme dans les solides.

Applications Industrielles et Technologiques de l'Holmium

Lasers à Holmium : Application Médicale et Industrielle Majeure

Le laser Ho:YAG (Holmium:Yttrium Aluminium Garnet)

L'application la plus importante de l'holmium est son utilisation comme ion actif dans les lasers à état solide, en particulier le laser Ho:YAG. Dans ce laser, des ions Ho³⁺ sont incorporés dans un cristal d'YAG (grenat d'yttrium et d'aluminium, Y₃Al₅O₁₂). Le laser Ho:YAG émet dans l'infrarouge moyen à une longueur d'onde de 2,1 micromètres (2100 nm), ce qui présente des avantages uniques pour les applications médicales et industrielles.

Applications médicales du laser Ho:YAG

Le laser Ho:YAG est largement utilisé en chirurgie mini-invasive, en particulier en urologie :

Les lasers Ho:YAG sont également utilisés en dentisterie et en orthopédie (chirurgie articulaire). Un laser médical typique contient quelques grammes d'holmium dans le cristal actif.

Avantages du laser Ho:YAG

Applications industrielles

En dehors de la médecine, les lasers Ho:YAG sont utilisés pour :

Variantes et développements

Des variantes incluent les lasers Ho:YLF (fluorure d'yttrium et de lithium), les lasers à fibre dopée à l'holmium, et les lasers Ho:YAG pompés par diodes (plus compacts et efficaces). Des recherches sont en cours pour développer des lasers Ho:YAG à plus haute puissance et des systèmes intégrés pour de nouvelles applications médicales.

Aimants Permanents et Applications Magnétiques

Additif dans les aimants Nd-Fe-B

Comme le dysprosium, l'holmium peut être utilisé comme additif dans les aimants permanents à base de néodyme-fer-bore (Nd-Fe-B) pour améliorer leurs propriétés, en particulier la coercivité (résistance à la désaimantation) et la stabilité thermique. L'holmium se substitue au néodyme dans la structure cristalline et, grâce à son fort moment magnétique et sa forte anisotropie magnétique, augmente l'énergie nécessaire pour inverser l'aimantation. Cependant, son utilisation est moins courante que celle du dysprosium en raison de son coût plus élevé et de son efficacité légèrement inférieure pour certaines propriétés.

Aimants spéciaux à très haute performance

L'holmium est utilisé dans certains aimants permanents de très haute performance, souvent en combinaison avec d'autres terres rares comme le samarium, le terbium et le dysprosium. Ces aimants sont utilisés dans des applications militaires, aérospatiales et de recherche où la performance prime sur le coût. Les aimants à base de samarium-cobalt (SmCo) peuvent également être dopés à l'holmium pour améliorer certaines propriétés.

Matériaux magnétocaloriques

En raison de son fort moment magnétique, l'holmium est étudié comme composant dans les matériaux magnétocaloriques pour la réfrigération magnétique. La réfrigération magnétique est une technologie émergente qui utilise l'effet magnétocalorique (changement de température d'un matériau magnétique lorsqu'il est soumis à un champ magnétique) pour produire du froid. Les alliages contenant de l'holmium peuvent présenter un effet magnétocalorique important, en particulier à basse température.

Applications Nucléaires

Absorption des neutrons

L'holmium possède une section efficace d'absorption des neutrons thermiques élevée (environ 64 barns pour l'isotope Ho-165). Cette propriété permet d'utiliser l'holmium dans les barres de contrôle des réacteurs nucléaires, bien que son utilisation soit moins courante que celle du bore, du cadmium ou du gadolinium en raison de son coût. L'holmium est parfois utilisé dans des applications spécialisées ou comme poison consommable dans certains combustibles nucléaires expérimentaux.

Médecine nucléaire : Holmium-166

L'isotope radioactif holmium-166 (⁶⁶Ho) est utilisé en médecine nucléaire pour la radiothérapie. Ho-166 est un émetteur bêta avec une demi-vie de 26,8 heures et émet également des rayons gamma détectables. Il est utilisé sous différentes formes :

Ho-166 présente l'avantage d'une demi-vie relativement courte qui limite l'exposition du patient, et d'une émission bêta de bonne énergie pour un traitement efficace tout en émettant des rayons gamma permettant l'imagerie (théranostique).

Autres Applications

Colorant pour verres et céramiques

Les composés d'holmium confèrent une coloration jaune à rose aux verres et céramiques. Cette propriété est utilisée dans des applications décoratives et dans certains filtres optiques. L'holmium est également utilisé comme étalon de longueur d'onde dans les spectrophotomètres UV-Vis, car ses solutions présentent des bandes d'absorption très nettes à des longueurs d'onde spécifiques.

Étalon en spectrométrie de masse

L'holmium-165 est parfois utilisé comme étalon interne en spectrométrie de masse pour l'analyse des terres rares, en raison de sa masse atomique bien définie et de l'absence d'interférences isotopiques avec la plupart des autres éléments.

Fibres optiques amplificatrices

Les fibres optiques dopées à l'holmium sont utilisées comme amplificateurs optiques dans les télécommunications, en particulier pour amplifier les signaux autour de 2,1 µm. Elles sont également utilisées dans les lasers à fibre pour diverses applications industrielles et médicales.

Toxicité et Préoccupations Environnementales

Toxicité chimique faible

L'holmium et ses composés présentent une toxicité chimique faible, comparable aux autres lanthanides. Les sels solubles peuvent causer des irritations cutanées, oculaires et respiratoires. Aucune toxicité aiguë sévère ni effet cancérigène n'ont été démontrés. La DL50 (dose létale médiane) des sels d'holmium chez les animaux est similaire à celle des autres lanthanides (typiquement >500 mg/kg). L'holmium n'a pas de rôle biologique connu.

Biodistribution et élimination

Comme les autres lanthanides, l'holmium s'accumule préférentiellement dans le foie et les os en cas d'exposition, avec une élimination très lente (période biologique de plusieurs années pour la fraction osseuse). L'exposition de la population générale est extrêmement faible, principalement limitée aux travailleurs des industries concernées.

Radioprotection (isotopes radioactifs)

Pour l'isotope Ho-166 utilisé en médecine nucléaire, des précautions de radioprotection sont nécessaires lors de la manipulation, de l'administration et du stockage des déchets. Le personnel médical doit suivre les protocoles de radioprotection standard pour les émetteurs bêta/gamma.

Impacts environnementaux de l'extraction

Les impacts environnementaux sont liés à l'extraction minière des terres rares en général, et non spécifiquement à l'holmium. Comme pour les autres terres rares lourdes, l'extraction d'un kilogramme d'holmium nécessite le traitement de grandes quantités de minerai, générant des déchets et des impacts environnementaux significatifs.

Recyclage

Le recyclage de l'holmium est très limité en raison des faibles quantités utilisées et de la difficulté à le récupérer des produits finis complexes (lasers, aimants). Cependant, avec le développement des applications médicales (lasers) et l'augmentation potentielle de la demande, le recyclage pourrait devenir plus important à l'avenir. Les techniques de recyclage seraient similaires à celles utilisées pour les autres terres rares (hydrométallurgie, pyrométallurgie).

Exposition professionnelle

L'exposition professionnelle se produit dans les usines de production de terres rares, de fabrication de cristaux laser, et dans les établissements médicaux utilisant des lasers Ho:YAG ou de l'Holmium-166. Les précautions standard pour les poussières métalliques et les rayonnements (pour Ho-166) s'appliquent.

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Palladium (46) : L'Éponge à Hydrogène des Technologies Vertes
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Argent (47) : Le Métal Millénaire aux Records de Conductivité
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Cadmium (48) : Le Métal Controversé des Batteries Ni-Cd
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Indium (49) : L'Élément Invisible des Écrans Modernes
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Étain (50) : Le Métal Ancestral de l'Âge du Bronze
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Antimoine (51) : Le Métalloïde Stratégique Ignoré
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Tellure (52) : Le Métalloïde Rare des Énergies Renouvelables
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Iode (53) : L'Halogène Violet Indispensable à la Vie
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Xénon (Z=54) : Le Gaz Noble Rare aux Propriétés Exceptionnelles
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Césium (Z=55) : Le Métal le Plus Réactif et Gardien du Temps
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Baryum (56) : Le Métal Lourd de l'Imagerie Médicale
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Cérium (58) : La Terre Rare Paradoxalement Abondante
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Praséodyme (59) : La Terre Rare aux Sels Verts
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Néodyme (60) : Le Roi des Aimants Permanents
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Prométhium (61) : La Terre Rare Fantôme
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Samarium (62) : Un Aimant Terrestre aux Origines Stellaires
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Europium (63) : Le Phosphore Rouge Luminescent
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Gadolinium (64) : L'Atome Magnétique de l'Imagerie Médicale
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Terbium (65) : Le Phosphore Vert Luminescent et Magnétique
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Dysprosium (66) : L'Atome Magnétique des Énergies Vertes
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Holmium (67) : L'Atome Magnétique des Lasers Médicaux
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