Le néodyme est synthétisé dans les étoiles par les processus s (capture lente de neutrons) dans les étoiles de la branche asymptotique des géantes (AGB) et r (capture rapide de neutrons) lors des supernovae et des fusions d'étoiles à neutrons. Le néodyme présente une contribution équilibrée de ces deux processus, avec environ 40-50% provenant du processus s et 50-60% du processus r, faisant de lui un excellent traceur pour étudier les contributions relatives de ces deux mécanismes de nucléosynthèse.
L'abondance cosmique du néodyme est d'environ 8,3×10⁻¹¹ fois celle de l'hydrogène en nombre d'atomes, ce qui le rend environ 15 fois moins abondant que le cérium mais 4-5 fois plus abondant que le praséodyme dans l'univers. Cette abondance relativement élevée parmi les lanthanides s'explique par la présence de plusieurs isotopes stables (sept au total) avec des configurations nucléaires favorables. L'isotope Nd-142 possède un nombre magique de neutrons (82), lui conférant une stabilité exceptionnelle.
Les raies spectrales du néodyme neutre (Nd I) et ionisé (Nd II) sont observables dans les spectres stellaires, particulièrement dans les étoiles froides de type G, K et M. Le néodyme est utilisé comme traceur important de l'enrichissement chimique galactique. Le rapport néodyme/fer dans les étoiles pauvres en métaux permet de contraindre l'évolution chimique de la Galaxie et la contribution relative des supernovae de différents types à l'enrichissement en éléments lourds.
Les rapports isotopiques du néodyme dans les météorites primitives révèlent des anomalies par rapport aux valeurs terrestres, témoignant de la diversité des sources de nucléosynthèse dans le système solaire primitif. Certains grains présolaires extraits de météorites montrent des enrichissements extrêmes en isotopes spécifiques de néodyme, permettant d'identifier directement la matière provenant d'étoiles AGB ou de supernovae individuelles. Ces anomalies isotopiques sont des outils puissants pour reconstituer l'histoire de la formation du système solaire et comprendre les processus de mélange dans le disque protoplanétaire.
Le néodyme tire son nom des mots grecs neos (nouveau) et didymos (jumeau), signifiant "nouveau jumeau". Ce nom fut choisi par son découvreur pour indiquer qu'il s'agissait d'un nouvel élément séparé du didyme, accompagnant le praséodyme, le "jumeau vert". Le néodyme se distingue par la couleur rose-violacé caractéristique de ses sels, contrastant avec le vert du praséodyme.
En 1885, le chimiste autrichien Carl Auer von Welsbach (1858-1929) réalisa l'exploit remarquable de séparer le didyme en deux éléments distincts : le praséodyme et le néodyme. Cette séparation fut accomplie par cristallisations fractionnées répétées (plusieurs centaines d'itérations) des nitrates de terres rares, démontrant une patience et une habileté expérimentale extraordinaires. Welsbach observa que les fractions successives produisaient des sels de couleurs différentes, le praséodyme donnant des cristaux verts et le néodyme des cristaux roses.
L'isolation du néodyme métallique pur représenta un défi considérable qui ne fut résolu qu'au début du 20ᵉ siècle. Les premières tentatives d'électrolyse de sels fondus produisirent du néodyme contaminé par du praséodyme et d'autres lanthanides. Ce n'est qu'avec le développement des techniques d'échange d'ions dans les années 1940-1950, stimulé par le projet Manhattan, que la séparation à haute pureté des terres rares devint économiquement viable. Les méthodes modernes d'extraction par solvant permettent aujourd'hui d'obtenir du néodyme de pureté supérieure à 99,9%.
Le néodyme est présent dans la croûte terrestre à une concentration moyenne d'environ 38 ppm, le rendant le 28ᵉ élément le plus abondant sur Terre, plus abondant que le cobalt, le lithium ou le plomb. C'est la deuxième terre rare légère la plus abondante après le cérium. Les principaux minerais contenant du néodyme sont la bastnaésite ((Ce,La,Pr,Nd)CO₃F) où le néodyme représente environ 12-15% de la teneur en terres rares, et la monazite ((Ce,La,Pr,Nd,Th)PO₄) où il représente 15-20%.
La production mondiale d'oxydes de néodyme est d'environ 25 000 à 30 000 tonnes par an. La Chine domine massivement avec environ 85-90% de la production mondiale, suivie par les États-Unis (Mountain Pass, Californie), l'Australie (Mount Weld) et la Birmanie. Cette concentration géographique extrême fait du néodyme l'un des matériaux les plus stratégiquement critiques au monde, indispensable pour la transition énergétique et les technologies de défense.
Le néodyme métallique est produit principalement par réduction calcique de l'oxyde de néodyme (Nd₂O₃) à haute température en atmosphère inerte, ou par électrolyse de fluorure de néodyme fondu dans un bain de sels fondus. La production annuelle mondiale de néodyme métallique est d'environ 7000 à 9000 tonnes. Le recyclage du néodyme provenant des aimants usagés (disques durs, moteurs électriques) reste limité, représentant environ 1-2% de l'offre totale, bien que les efforts s'intensifient considérablement en raison des préoccupations d'approvisionnement et de la hausse des prix.
Le néodyme (symbole Nd, numéro atomique 60) est le quatrième élément de la série des lanthanides, appartenant aux terres rares du bloc f de la classification périodique. Son atome possède 60 protons, généralement 82 neutrons (pour l'isotope le plus abondant \(\,^{142}\mathrm{Nd}\)) et 60 électrons avec la configuration électronique [Xe] 4f⁴ 6s².
Le néodyme est un métal brillant de couleur blanc argenté avec une légère teinte dorée. Il s'oxyde rapidement à l'air, formant une couche d'oxyde qui se désagrège progressivement, exposant continuellement du métal frais. Le néodyme cristallise dans une structure hexagonale compacte (HC) à température ambiante, passant à une structure cubique centrée (CC) à environ 863 °C. Le néodyme est relativement mou et malléable, pouvant être coupé au couteau, et présente une ductilité modérée permettant de le laminer en feuilles minces.
Le néodyme fond à 1021 °C (1294 K) et bout à 3074 °C (3347 K). Sa densité est de 7,01 g/cm³, légèrement supérieure à celle du fer. Le néodyme est un bon conducteur d'électricité et de chaleur, avec une conductivité électrique environ 16 fois inférieure à celle du cuivre. Le néodyme présente des propriétés magnétiques remarquables : il est paramagnétique à température ambiante et devient antiferromagnétique en dessous de 19 K, avec une structure magnétique complexe.
Le néodyme est un métal hautement réactif, particulièrement sous forme divisée. Il s'oxyde rapidement à l'air humide et s'enflamme facilement lorsqu'il est chauffé ou sous forme de copeaux fins. Le néodyme réagit vigoureusement avec l'eau, produisant de l'hydroxyde de néodyme et du gaz hydrogène. Le néodyme métallique doit être conservé sous huile minérale ou en atmosphère inerte (argon) pour prévenir l'oxydation. Sa réactivité est typique des lanthanides légers et comparable à celle du praséodyme.
Le point de fusion du néodyme : 1294 K (1021 °C).
Le point d'ébullition du néodyme : 3347 K (3074 °C).
Le néodyme est paramagnétique à température ambiante et devient antiferromagnétique en dessous de 19 K.
| Isotope / Notation | Protons (Z) | Neutrons (N) | Masse atomique (u) | Abondance naturelle | Demi-vie / Stabilité | Désintégration / Remarques |
|---|---|---|---|---|---|---|
| Néodyme-142 — \(\,^{142}\mathrm{Nd}\,\) | 60 | 82 | 141,907723 u | ≈ 27,152 % | Stable | Isotope stable le plus abondant du néodyme. Nombre magique de neutrons (82). |
| Néodyme-143 — \(\,^{143}\mathrm{Nd}\,\) | 60 | 83 | 142,909814 u | ≈ 12,174 % | Stable | Isotope stable, produit important du processus r. |
| Néodyme-144 — \(\,^{144}\mathrm{Nd}\,\) | 60 | 84 | 143,910087 u | ≈ 23,798 % | ≈ 2,29×10¹⁵ ans | Radioactif (α), demi-vie extrêmement longue, pratiquement stable. Deuxième isotope le plus abondant. |
| Néodyme-145 — \(\,^{145}\mathrm{Nd}\,\) | 60 | 85 | 144,912574 u | ≈ 8,293 % | Stable | Isotope stable mineur du néodyme. |
| Néodyme-146 — \(\,^{146}\mathrm{Nd}\,\) | 60 | 86 | 145,913117 u | ≈ 17,189 % | Stable | Isotope stable représentant environ 17% du néodyme naturel. |
| Néodyme-148 — \(\,^{148}\mathrm{Nd}\,\) | 60 | 88 | 147,916893 u | ≈ 5,756 % | Stable | Isotope stable mineur, produit du processus r. |
| Néodyme-150 — \(\,^{150}\mathrm{Nd}\,\) | 60 | 90 | 149,920891 u | ≈ 5,638 % | ≈ 6,7×10¹⁸ ans | Radioactif (double β⁻), demi-vie extrêmement longue, pratiquement stable. |
| Néodyme-147 — \(\,^{147}\mathrm{Nd}\,\) | 60 | 87 | 146,916100 u | Synthétique | ≈ 10,98 jours | Radioactif (β⁻). Produit de fission, utilisé comme traceur en recherche médicale et industrielle. |
N.B. :
Couches électroniques : Comment les électrons sont organisés autour du noyau.
Le néodyme possède 60 électrons répartis sur six couches électroniques. Sa configuration électronique est [Xe] 4f⁴ 6s², typique des lanthanides où la sous-couche 4f se remplit progressivement. Cette configuration peut également s'écrire : K(2) L(8) M(18) N(18) O(22) P(2), ou de manière complète : 1s² 2s² 2p⁶ 3s² 3p⁶ 3d¹⁰ 4s² 4p⁶ 4d¹⁰ 4f⁴ 5s² 5p⁶ 6s².
Couche K (n=1) : contient 2 électrons dans la sous-couche 1s. Cette couche interne est complète et très stable.
Couche L (n=2) : contient 8 électrons répartis en 2s² 2p⁶. Cette couche est également complète, formant une configuration de gaz noble (néon).
Couche M (n=3) : contient 18 électrons répartis en 3s² 3p⁶ 3d¹⁰. Cette couche complète contribue à l'écran électronique.
Couche N (n=4) : contient 18 électrons répartis en 4s² 4p⁶ 4d¹⁰. Cette couche forme une structure stable et complète.
Couche O (n=5) : contient 22 électrons répartis en 5s² 5p⁶ 4f⁴ 5d⁰. Les quatre électrons 4f caractérisent la chimie du néodyme.
Couche P (n=6) : contient 2 électrons dans la sous-couche 6s². Ces électrons sont les électrons de valence externe du néodyme.
Le néodyme possède effectivement 6 électrons de valence : quatre électrons 4f⁴ et deux électrons 6s². L'état d'oxydation quasi-exclusif est +3, caractéristique de tous les lanthanides, où le néodyme perd ses deux électrons 6s et un électron 4f pour former l'ion Nd³⁺ avec la configuration [Xe] 4f³. Cet ion Nd³⁺ est responsable de la couleur rose-violacé caractéristique des sels et solutions de néodyme.
L'état +3 apparaît dans pratiquement tous les composés de néodyme : l'oxyde de néodyme(III) (Nd₂O₃), le chlorure de néodyme(III) (NdCl₃), le nitrate de néodyme(III) (Nd(NO₃)₃), et tous les sels complexes. La chimie du néodyme est essentiellement la chimie de l'ion Nd³⁺, avec ses propriétés optiques et magnétiques uniques dérivant de la configuration 4f³.
Des états d'oxydation +2 et +4 ont été synthétisés dans des conditions extrêmes (halogénures en phase solide, matrices cryogéniques), mais ces composés sont extraordinairement instables et n'ont aucune pertinence pratique. Contrairement au cérium voisin, le néodyme ne forme pas de composés stables à l'état +4. La chimie du néodyme est donc essentiellement monovalente, dominée par l'état +3.
Le néodyme est très réactif avec l'oxygène et s'oxyde rapidement à l'air, formant une couche d'oxyde de néodyme(III) (Nd₂O₃) de couleur bleue-grise qui se fissure et s'écaille, exposant continuellement du métal frais à l'oxydation. L'oxydation complète d'un échantillon de néodyme métallique à l'air peut se produire en quelques jours. À température élevée, le néodyme s'enflamme facilement dans l'air et brûle avec une flamme blanche brillante : 4Nd + 3O₂ → 2Nd₂O₃. Le néodyme en copeaux ou en poudre fine est pyrophorique et s'enflamme spontanément à température ambiante.
Le néodyme réagit lentement avec l'eau froide mais rapidement avec l'eau chaude, produisant de l'hydroxyde de néodyme(III) de couleur rose-violacé et dégageant du gaz hydrogène : 2Nd + 6H₂O → 2Nd(OH)₃ + 3H₂↑. Cette réaction s'accélère considérablement avec la température et peut devenir vigoureuse avec de l'eau bouillante. L'hydroxyde de néodyme(III) précipite facilement des solutions aqueuses sous forme d'un solide gélatineux rose pâle.
Le néodyme réagit vigoureusement avec tous les halogènes pour former des trihalogénures colorés : 2Nd + 3Cl₂ → 2NdCl₃ (violet), 2Nd + 3Br₂ → 2NdBr₃ (violet), 2Nd + 3I₂ → 2NdI₃ (vert). Le néodyme se dissout facilement dans les acides, même dilués, avec dégagement d'hydrogène : 2Nd + 6HCl → 2NdCl₃ + 3H₂↑, produisant des solutions roses caractéristiques de Nd³⁺.
Le néodyme réagit avec le soufre pour former le sulfure de néodyme (Nd₂S₃), avec l'azote à haute température pour former le nitrure (NdN), avec le carbone pour former le carbure (NdC₂), et avec l'hydrogène pour former l'hydrure (NdH₂ ou NdH₃). Le néodyme forme également de nombreux composés organométalliques et complexes de coordination, exploités en synthèse organique comme catalyseurs de polymérisation.
La couleur rose-violacé intense des composés de néodyme(III) provient des transitions électroniques f-f au sein de la configuration 4f³. Ces transitions produisent des bandes d'absorption caractéristiques dans le spectre visible, particulièrement dans les régions jaune et verte, transmettant préférentiellement le rouge et le violet. Le verre dopé au néodyme présente un comportement optique remarquable : il apparaît violet en lumière transmise mais bleu en lumière réfléchie, un phénomène appelé dichroïsme. Cette propriété optique unique est exploitée dans les lasers à néodyme et les verres de protection.
L'application dominante du néodyme, représentant environ 75-85% de la consommation mondiale, est son utilisation dans les aimants permanents de type Nd₂Fe₁₄B (néodyme-fer-bore), découverts indépendamment en 1982 par General Motors et Sumitomo Special Metals. Ces aimants possèdent le produit énergétique maximum (BHmax) le plus élevé de tous les aimants permanents commerciaux, atteignant 400-460 kJ/m³, soit environ 10 fois supérieur aux aimants ferrite traditionnels et deux fois supérieur aux aimants samarium-cobalt.
La composition typique d'un aimant Nd-Fe-B est d'environ 32-35% de néodyme et praséodyme combinés (généralement 25-30% Nd, 5-10% Pr), 1-2% de dysprosium ou terbium (pour améliorer la stabilité thermique), moins de 1% de bore, et le reste en fer. La phase magnétique principale Nd₂Fe₁₄B possède une structure tétragonale et une température de Curie d'environ 312 °C. Le champ coercitif peut atteindre 1000-2000 kA/m, permettant aux aimants de résister à la démagnétisation même dans des conditions sévères.
Les aimants Nd-Fe-B sont absolument essentiels pour la transition énergétique et les technologies modernes. Un véhicule électrique contient 1-2 kg de néodyme dans son moteur, une éolienne offshore de 3 MW contient 200-600 kg de néodyme dans son générateur à entraînement direct. Les disques durs utilisent de minuscules aimants Nd-Fe-B pour positionner les têtes de lecture avec une précision nanométrique. Les systèmes d'armes guidées, les drones militaires, les torpilles et les sous-marins dépendent critiquement des moteurs compacts à aimants Nd-Fe-B. Cette importance stratégique combinée à la domination chinoise de la production fait du néodyme l'un des matériaux les plus géopolitiquement sensibles au monde.
Le néodyme est l'ion dopant le plus important pour les lasers à solide, particulièrement dans la matrice de grenat d'yttrium-aluminium (YAG) formant le laser Nd:YAG. Inventé en 1964, le laser Nd:YAG émet principalement à 1064 nm dans le proche infrarouge, avec une efficacité remarquable et une excellente qualité de faisceau. La concentration typique de néodyme est de 1% atomique (environ 1,4×10²⁰ ions Nd³⁺/cm³), optimisant le gain laser tout en minimisant les effets délétères comme l'élargissement de raie.
Les lasers Nd:YAG sont utilisés pour la découpe et le soudage de métaux, le marquage industriel, le perçage de précision, et le traitement de surface. En médecine, ils sont employés pour la chirurgie ophtalmique (capsulotomie YAG), la lithotripsie (destruction de calculs rénaux), le traitement de la rétine diabétique, l'épilation, et diverses procédures dermatologiques. Les lasers Nd:YAG peuvent être doublés en fréquence pour produire une lumière verte à 532 nm, utilisée dans les pointeurs laser verts, les spectacles lumineux, et certaines applications médicales.
Au-delà du YAG, le néodyme est également dopé dans d'autres matrices cristallines comme le YVO₄ (vanadate d'yttrium), le YLF (fluorure de lithium-yttrium), et divers verres phosphates ou silicates pour créer des lasers de fibres et des amplificateurs optiques. Les verres dopés au néodyme sont utilisés dans les télémètres laser, les systèmes lidar atmosphériques, et les applications de fusion par confinement inertiel où d'immenses lasers Nd:verre délivrent des mégajoules d'énergie pour comprimer des cibles de deutérium-tritium.
Le néodyme est utilisé comme dopant dans les verres pour créer des filtres optiques avec des propriétés d'absorption sélective remarquables. Le verre dopé au néodyme absorbe fortement les longueurs d'onde jaunes (autour de 580-600 nm), correspondant aux raies d'émission du sodium, tout en transmettant le bleu, le rouge et le proche infrarouge. Cette absorption sélective réduit considérablement l'éblouissement causé par l'éclairage au sodium ou les flammes riches en sodium.
Les verres didyme (néodyme-praséodyme) sont utilisés pour les lunettes de protection des souffleurs de verre, des métallurgistes et des soudeurs travaillant avec des flammes riches en sodium. En joaillerie et verrerie artistique, le verre dopé au néodyme produit des effets de couleur fascinants : il apparaît violet-bleu en lumière transmise incandescente mais rose-rouge en lumière fluorescente ou à la lumière du jour, créant un dichroïsme spectaculaire. Cette propriété est également exploitée dans les lunettes de soleil haut de gamme et certains verres automobiles pour améliorer le contraste et réduire la fatigue oculaire.
Le néodyme et ses composés présentent une toxicité faible, similaire aux autres lanthanides légers. Les composés solubles de néodyme peuvent causer des irritations cutanées, oculaires et des voies respiratoires en cas d'exposition directe. L'inhalation de poussières de néodyme peut provoquer une irritation pulmonaire transitoire, bien qu'aucune pathologie pulmonaire chronique spécifique au néodyme n'ait été documentée. Les sels de néodyme ingérés par voie orale sont faiblement absorbés par le tractus gastro-intestinal et sont principalement éliminés dans les fèces.
Les études toxicologiques sur les animaux indiquent que le néodyme absorbé s'accumule principalement dans le foie, la rate et le squelette osseux. À doses élevées (supérieures à 100 mg/kg), le néodyme peut causer une toxicité hépatique modérée et perturber le métabolisme du calcium. Cependant, les expositions humaines significatives restent rares en dehors des environnements industriels spécialisés. Le néodyme ne présente pas de bioaccumulation substantielle dans les chaînes alimentaires et se métabolise ou s'élimine relativement rapidement. Aucun effet cancérigène, mutagène ou tératogène n'a été démontré dans les études disponibles.
Les préoccupations environnementales associées au néodyme concernent principalement l'extraction minière des terres rares, qui génère d'importants volumes de déchets toxiques et radioactifs. L'extraction d'une tonne d'oxydes de terres rares produit typiquement 2000 tonnes de déchets miniers, 200 m³ d'eaux acides contaminées, et peut libérer des éléments radioactifs comme le thorium et l'uranium présents naturellement dans les minerais de monazite. Les sites miniers de terres rares en Chine ont causé d'importantes pollutions environnementales, contaminant les sols, les eaux souterraines et les cours d'eau avec des métaux lourds et des substances radioactives.
L'exposition professionnelle au néodyme se produit principalement dans les industries de raffinage des terres rares, de fabrication d'aimants, et de polissage optique. Les normes d'exposition professionnelle pour les composés de néodyme ne sont pas spécifiquement établies dans la plupart des juridictions, mais les recommandations générales pour les composés de terres rares solubles fixent typiquement des limites d'exposition à 5-10 mg/m³ pour les poussières respirables. Les concentrations de néodyme dans les sols près des mines de terres rares peuvent atteindre plusieurs centaines de ppm, soit 10-20 fois les niveaux de fond naturels.
Le recyclage du néodyme provenant des aimants usagés est techniquement possible mais économiquement difficile en raison des coûts élevés de démantèlement, de séparation et de purification. Les aimants Nd-Fe-B sont souvent fortement intégrés dans des assemblages complexes (moteurs, disques durs) et peuvent être oxydés ou contaminés. Les taux de recyclage actuels restent très faibles (1-2%), mais plusieurs procédés innovants sont en développement : dissolution chimique sélective, fusion directe pour refabrication d'aimants, extraction par solvant des oxydes, et traitement hydrométallurgique. L'augmentation substantielle des taux de recyclage du néodyme est cruciale pour la durabilité à long terme de la transition énergétique et pour réduire la dépendance aux approvisionnements primaires concentrés en Chine.