Contrairement à ce que leur nom poétique laisse entendre, les étoiles filantes n'ont rien d'une étoile, ce sont des particules de poussière de moins d'un millimètre (pas plus grosses qu'un grain de sable) issue de la désagrégation d'une comète ou d'un astéroïde. Ces grains de matière, appelés météoroïdes, pénètrent dans l'atmosphère terrestre à des vitesses comprises entre 11 km/s et 72 km/s. La friction avec les molécules d'air comprime et chauffe ces particules jusqu'à leur vaporisation complète, produisant un trait de lumière visible depuis le sol : c'est le météore.
Lorsque la Terre traverse le sillage poussiéreux laissé par une comète sur son orbite, des centaines, voire des milliers de météoroïdes entrent simultanément dans l'atmosphère. Ce spectacle, prévisible et récurrent chaque année aux mêmes dates, constitue une pluie d'étoiles filantes. Parmi les plus célèbres figurent les Perséides, les Léonides et les Géminides.
L'origine de ces poussières est presque toujours liée à des comètes. En se rapprochant du Soleil, la glace des comètes se sublime, libérant un flot de particules rocheuses et poussiéreuses qui forment leur chevelure et leur longue queue lumineuse. Sur leur orbite, les comètes abandonnent ainsi un ruban de débris. Chaque année, lorsque la Terre traverse cette "rivière de poussières" à la même période, le phénomène se reproduit, donnant naissance aux pluies d'étoiles filantes.
On distingue chaque pluie par son radiant : le point du ciel d'où semblent diverger les traînées, en raison d'un effet de perspective. Le nom de la pluie dérive de la constellation où se situe ce radiant. Ce point apparent de convergence donne son nom à chaque pluie : le radiant des Perséides se situe dans la constellation de Persée, celui des Léonides dans le Lion, et celui des Géminides dans les Gémeaux.
La hauteur du radiant au-dessus de l'horizon influence directement le nombre de météores observables. Plus le radiant est haut dans le ciel, plus les météores sont nombreux et longs. C'est pourquoi l'activité d'une pluie atteint son maximum après minuit, lorsque le radiant culmine. Le taux d'activité s'exprime en TZH (Taux Zénithal Horaire), une valeur théorique normalisée pour un ciel parfait.
Les Perséides sont une pluie de météores, de couleur jaune à orangé, parfois vert, active chaque année du 17 juillet au 24 août. Elles atteignent leur maximum vers le 11-12 août, avec un TZH pouvant dépasser 100 météores par heure sous un ciel sombre. Leur vitesse d'entrée dans l'atmosphère est d'environ 59 km/s, ce qui génère souvent des traînées persistantes et des bolides colorés particulièrement spectaculaires.
La comète parente des Perséides est la comète 109P/Swift-Tuttle, découverte en 1862 par Lewis Swift et Horace Parnell Tuttle. Son noyau mesure environ 26 km de diamètre, ce qui en fait l'une des plus grosses comètes connues à s'approcher régulièrement de la Terre. Elle effectue un tour complet autour du Soleil en environ 130 ans ; son prochain passage au périhélie sera le 12 juillet 2126. À chaque révolution, la comète éjecte de nouvelles particules qui se déposent sur la même orbite et se superposent aux débris des passages précédents, enrichissant le courant au fil des millénaires. Les perturbations gravitationnelles de Jupiter et Saturne étalent ces particules sur une portion de l'orbite, formant des filaments distincts.
Les Léonides sont actives chaque année du 6 au 30 novembre, avec un maximum vers le 17-18 novembre. Leur particularité réside dans leur vitesse exceptionnelle : elles entrent dans l'atmosphère à environ 71 km/s, soit la vitesse la plus élevée de toutes les grandes pluies de météores. Ce sont des météores très lumineux, blanc-bleuté ou blanc pur, qui laissent des traînées persistantes de plusieurs secondes.
La comète à l'origine des Léonides est 55P/Tempel-Tuttle, une comète périodique dont l'orbite de 33 ans alimente chaque année le courant météoritique responsable de cette pluie d'étoiles filantes. Identifiée pour la première fois en 1865 par Wilhelm Tempel, puis indépendamment en 1866 par Horace Parnell Tuttle, cette comète offre un spectacle exceptionnel tous les 33 ans : lorsque la Terre croise les zones du courant récemment réalimentées par son passage près du Soleil, les Léonides se muent en véritables tempêtes de météores.
Ces tempêtes peuvent atteindre plusieurs milliers, voire des dizaines de milliers de météores par heure (estimée à 150 000 météores/heure en 1966). Le dernier périhélie a eu lieu en 1998, ce qui a donné lieu à des tempêtes spectaculaires entre 1999 et 2002. Les prochains passages sont attendus vers 2031 (avec des effets visibles autour de 2034, le temps que les débris se dispersent) et 2064 (avec un pic vers 2065).
Les Géminides se distinguent des autres pluies d'étoiles filantes par leur origine unique : elles ne proviennent pas d'une comète, mais d'un astéroïde, (3200) Phaéthon, d'environ 5 km de diamètre. Ce corps céleste présente une particularité rare pour un astéroïde : il développe une traînée de poussière semblable à celle d'une comète lorsqu'il se rapproche du Soleil. Le passage de Phaéthon au périhélie se produit tous les 1,43 ans (soit environ 524 jours).
Chaque année, la Terre passe au même endroit de son orbite vers le 13 décembre, et c'est précisément là que se trouve le sillage de débris laissé par Phaéton. Les Géminides sont actives du 4 au 20 décembre, avec un maximum vers le 13-14 décembre. Avec un TZH pouvant atteindre 120 à 150 météores par heure, elles sont déjà actives en début de soirée, quand le radiant monte dès 20 h dans les Gémeaux. Les météores entrent dans l'atmosphère à environ 35 km/s, une vitesse modérée qui leur confère une couleur verte, jaune, parfois blanche.
| Nom de la pluie | Dates d'activité | Pic (date maximale) | Corps parent | Vitesse (km/s) | THZ (max habituel) | Couleur |
|---|---|---|---|---|---|---|
| Quadrantides | 28 décembre – 12 janvier | 3–4 janvier | Astéroïde (196256) 2003 EH1 (probablement une comète éteinte) | 41 | 80–120 | Bleutée ou blanche |
| Lyrides | 16–25 avril | 22–23 avril | Comète C/1861 G1 (Thatcher) | 48 | 15–20 (parfois jusqu’à 90) | Blanche, parfois bleutée |
| Eta Aquarides | 19 avril – 28 mai | 5–6 mai | Comète de Halley (1P/Halley) | 66 | 40–60 (meilleures dans l’hémisphère sud) | Jaunâtre ou blanche |
| Alpha Capricornides | 3 juillet – 15 août | 29–30 juillet | Comète 169P/NEAT | 23 | 5–10 (mais souvent très brillants, bolides) | Jaune ou orangée |
| Perséides | 17 juillet – 24 août | 11–13 août | Comète Swift-Tuttle (109P/Swift-Tuttle) | 59 | 100–150 | Jaune ou orangée, parfois verte |
| Orionides | 2 octobre – 7 novembre | 21–22 octobre | Comète de Halley (1P/Halley) | 66 | 15–25 (parfois 40) | Blanc-bleuté ou blanc-jaune ; le vert est rare mais possible |
| Taurides (sud et nord) | 10 septembre – 10 décembre | 5–12 novembre | Comète 2P/Encke (et débris associés) | 28 | 5–10 (mais bolides très fréquents) | Orangée ou rougeâtre |
| Léonides | 6–30 novembre | 17–18 novembre | Comète Tempel-Tuttle (55P/Tempel-Tuttle) | 71 | 10–15 (jusqu’à milliers lors des tempêtes) | Blanc-bleuté ou blanc pur |
| Géminides | 4–17 décembre | 13–14 décembre | Astéroïde (3200) Phaéthon | 35 | 120–150 | Verte, jaune, parfois blanche |
N.B. : Le THZ (Taux Horaire Zénithal) est le nombre théorique de météores visibles par heure sous un ciel parfaitement noir, avec le radiant au zénith. Les valeurs indiquées sont des moyennes ; certaines années, des pics plus élevés peuvent survenir. Les couleurs mentionnées sont celles généralement observées, mais peuvent varier selon la composition des météores et les conditions d'observation.