Pallas, avec un diamètre moyen d'environ 512 km, est le troisième plus grand astéroïde de la ceinture principale, après Cérès et Vesta. Pallas présente une surface parsemée de grands cratères, répartis dans ses deux hémisphères, lui conférant une apparence caractéristique rappelant celle d'une balle de golf. L'astéroïde a pu être observé dans les détails grâce à l'instrument SPHERE avec optique adaptative sur le Very Large Telescope (VLT).
Source image : ESO/M. Marsset et al./MISTRAL algorithm (ONERA/CNRS)
(2) Pallas est le deuxième astéroïde découvert (1802) et le troisième plus grand de la ceinture principale, avec un diamètre moyen d'environ 512 km. Sa forme irrégulière (dimensions estimées à environ 550 × 516 × 476 km) et son orbite très inclinée (34,8°) et excentrique (e ≈ 0,23) en font un objet unique, soumis à des impacts particulièrement violents. Classé comme protoplanète, il est le prototype des astéroïdes de type B, primitifs et riches en silicates hydratés. Sa surface sombre (albédo d'environ 0,16) et sa densité moyenne d'environ 2,9 g/cm³ — proche de celle des chondrites carbonées les plus hydratées — suggèrent une composition riche en minéraux hydratés, avec une porosité modeste, offrant des indices précieux sur la formation du système solaire.
L'astéroïde Pallas est bien plus qu'un simple rocher errant dans la ceinture principale. Sa désignation officielle, (2) Pallas, et sa découverte le 28 mars 1802 par l'astronome allemand Heinrich Wilhelm Olbers (1758-1840), marquent les débuts de l'exploration de notre système solaire interne. Mais sa véritable importance réside dans ses caractéristiques hors du commun qui en font un laboratoire naturel pour les planétologues. Contrairement à la majorité des grands astéroïdes, Pallas n'est pas sphérique, arborant une forme oblongue qui trahit une histoire de collisions violentes. Son orbite, inclinée de près de 35° par rapport au plan des planètes, est une anomalie dynamique qui intrigue les scientifiques : cette inclinaison, combinée à son excentricité, entraîne des vitesses d'impact moyennes d'environ 11,5 km/s, presque le double de la moyenne dans la ceinture principale, ce qui explique la surface exceptionnellement cratérisée observée depuis 2020.
En tant que protoplanète, Pallas est un vestige gelé des premiers âges du système solaire, il y a 4,5 milliards d'années. Sa composition primitive (minéraux hydratés, argiles, silicates) le définit comme astéroïde de type B, une sous-classe rare des astéroïdes carbonés. Comprendre Pallas, c'est lire un chapitre essentiel du livre de la formation planétaire, un processus qui a conduit à la naissance de la Terre et des autres planètes. Son exploration future, bien qu'aucune mission ne soit aujourd'hui financée, reste considérée comme une priorité scientifique : un concept de sonde légère (Athena) avait été proposé à la NASA en 2018 pour un survol, sans être retenu, ce qui laisse Pallas comme le plus grand corps du système solaire interne encore jamais visité par une sonde.
En 2020, une équipe internationale dirigée par Pierre Vernazza (Laboratoire d'Astrophysique de Marseille) a livré les premières images à très haute résolution angulaire de Pallas, obtenues avec l'instrument SPHERE à optique adaptative extrême du Very Large Telescope de l'ESO. Onze séries d'images, acquises en 2017 et 2019, ont permis de reconstruire un modèle 3D de l'astéroïde et de cartographier ses cratères.
Le résultat est spectaculaire : la surface de Pallas s'est révélée être la plus cratérisée jamais observée dans la ceinture principale, avec au moins 36 cratères de plus de 30 km de diamètre, certains atteignant une centaine de kilomètres, recouvrant environ 10 % de la surface totale de l'astéroïde. Ce record collisionnel s'explique directement par l'orbite inclinée et excentrique de Pallas, qui le soumet à des vitesses d'impact près de deux fois supérieures à la moyenne de la ceinture. Les simulations suggèrent qu'un impact majeur, provoqué par un corps de 20 à 40 km il y a environ 1,7 milliard d'années, pourrait être à l'origine à la fois d'un grand bassin d'impact et de la famille de fragments qui accompagne aujourd'hui Pallas sur son orbite.
Ces mêmes observations ont aussi permis d'affiner la densité de Pallas à environ 2 890 kg/m³, une valeur qui tranche avec les estimations antérieures très divergentes (allant de la densité de Cérès, 2 160 kg/m³, à celle, bien plus élevée, de Vesta, 3 460 kg/m³) et qui rapproche Pallas des chondrites carbonées les plus hydratées. Une tache claire, repérée dans l'hémisphère sud, pourrait correspondre à un dépôt salin exposé par un impact, par analogie avec les taches observées sur Cérès par la sonde Dawn.
N.B. :
Des observations infrarouges plus récentes réalisées avec le spectrographe NIRSpec du télescope spatial James Webb sont venues compléter ce tableau : elles confirment la présence d'une bande d'absorption liée à des minéraux hydratés (Mg-OH) vers 2,72 µm à la surface de Pallas, comparable à celle observée sur Cérès et Hygiea, mais sans trace des minéraux ammoniés détectés sur ces deux autres corps — un indice que l'altération aqueuse de Pallas, bien que réelle, est restée moins poussée que celle de Cérès.
Les observations spectroscopiques suggèrent que Pallas est principalement composé de silicates hydratés, avec une possible contribution de matière organique en surface. Sa densité moyenne, désormais estimée à environ 2,9 g/cm³ grâce au modèle de forme dérivé des images VLT/SPHERE, reste inférieure à celle des météorites pierreuses typiques, ce qui pourrait indiquer une porosité interne modérée plutôt qu'une structure massive et compacte.
Pallas est le prototype des astéroïdes de type B, une sous-catégorie rare des astéroïdes carbonés de type C, qui ne représente qu'environ 4 % de la population connue d'astéroïdes. Ces objets sont parmi les plus primitifs du système solaire, ayant subi peu de modifications depuis leur formation il y a 4,5 milliards d'années, hormis les altérations dues aux impacts. Pallas occupe une place particulière dans l'histoire de l'astronomie car sa découverte a contribué à établir l'existence de la ceinture d'astéroïdes comme région distincte du système solaire.
Marsset, M. et al. (2020). The violent collisional history of aqueously evolved (2) Pallas. Nature Astronomy, 4, 569–576. DOI : 10.1038/s41550-019-1007-5
Rivkin, A. S. et al. (2025). Observations and Quantitative Compositional Analysis of Ceres, Pallas, and Hygiea Using JWST/NIRSpec. The Planetary Science Journal, 6, 9. DOI : 10.3847/PSJ/ad944c
Vernazza, P. et al. (2021). VLT/SPHERE imaging survey of the largest main-belt asteroids: Final results and synthesis. Astronomy & Astrophysics, 654, A56. A&A 2021 aa41781-21
Tedesco, E. F., Noah, P. V., Noah, M., & Price, S. D. (2002). The Supplemental IRAS Minor Planet Survey. The Astronomical Journal, 123, 1056–1085. ADS 2002AJ....123.1056T
NASA JPL Small-Body Database. 2 Pallas. ssd.jpl.nasa.gov
ESO. Dimpled like a golf ball, the Very Large Telescope reveals the cratered surface of Pallas. eso.org
Avec un diamètre moyen d'environ 512 km, Pallas est le troisième plus grand objet de la ceinture principale d'astéroïdes, après Cérès et Vesta. Il représente environ 7 % de la masse totale de la ceinture. Sa forme est irrégulière, avec des dimensions estimées à environ 550 × 516 × 476 km d'après le modèle 3D établi à partir des images VLT/SPHERE.
La caractéristique orbitale la plus frappante de Pallas est son inclinaison élevée de 34,8° par rapport au plan de l'écliptique (le plan dans lequel orbitent la plupart des planètes), combinée à une excentricité notable (e ≈ 0,23). Cette combinaison entraîne des vitesses d'impact parmi les plus élevées de la ceinture principale, ce qui en fait un cas dynamique unique et intrigant pour les astronomes.
Pallas est considéré comme une protoplanète, c'est-à-dire un corps céleste qui a commencé le processus de formation d'une planète en accumulant de la masse, mais qui a été interrompu avant de devenir une planète à part entière. Comme Cérès, il s'agit d'un vestige des premiers stades de la formation du système solaire, qui n'a pas pu s'agglomérer suffisamment pour atteindre une taille planétaire, probablement à cause des perturbations gravitationnelles de Jupiter.
La surface de Pallas est sombre avec un albédo (réflectivité) d'environ 0,15 à 0,16. Les observations spectroscopiques, y compris les données récentes du télescope spatial James Webb, indiquent une composition dominée par des silicates hydratés, avec une bande d'absorption caractéristique vers 2,72 µm, sans toutefois les minéraux ammoniés observés sur Cérès ou Hygiea. Sa densité moyenne, désormais estimée à environ 2,9 g/cm³, suggère une structure modérément poreuse.
Non, aucune mission spatiale n'a encore visité Pallas à ce jour, ce qui en fait le plus grand corps du système solaire interne encore inexploré. Un concept de sonde légère, Athena, avait été proposé à la NASA en 2018 pour un survol partagé avec le lancement de la mission Psyché, mais il n'a pas été retenu pour un financement. En raison de sa taille et de ses caractéristiques uniques, Pallas reste considéré comme une cible prioritaire pour de futures missions d'exploration, qui pourraient percer les secrets de sa composition interne et de son rôle en tant que témoin préservé des premiers temps du système solaire.