Notre Voie lactée, vaste spirale abritant des centaines de milliards d'étoiles, est bien plus qu'une simple collection de soleils et de planètes. C'est un laboratoire cosmique où les lois de la physique sont poussées à l'extrême, donnant naissance à des objets si étranges qu'ils défient parfois la physique. Des cadavres stellaires qui reprennent vie aux mondes de diamant pur, la Voie Lactée cache des phénomènes d'une étrangeté qui frôle le fantastique.
À travers ces cinq objets extraordinaires, c’est tout le cycle cosmique de la matière qui se dévoile : genèse, fin violente, transmutation de la matière et recyclage.
Le terme "étoile zombie" désigne de façon dramatique un type d'étoile qui semble revenir à la vie après sa mort théorique. Il s'agit généralement d'étoiles à neutrons ou de naines blanches, les résidus ultra-denses d'étoiles comme notre Soleil. L’objet est mort dynamiquement (fin de la fusion nucléaire), mais réactivé énergétiquement par l’accrétion ou les champs magnétiques.
Leur résurrection spectaculaire se produit dans un système binaire. Si la naine blanche est suffisamment proche d'une étoile compagne, sa gravité intense peut lui "voler" de la matière. Lorsque cette matière accumulée à sa surface atteint une masse critique \( (\text{environ}\;1{,}4\ \text{masses solaires}) \), une réaction de fusion nucléaire cataclysmique se déclenche. C'est une étoile à neutrons, voire une nova où l'étoile "morte" brille soudainement avec une intensité prodigieuse, parfois visible à l'oeil nu depuis la Terre, avant de retrouver le calme. Ce cycle explosif peut même se répéter.
Imaginez un monde dont la croûte et le manteau ne seraient pas constitués de roches silicatées comme sur Terre, mais de diamant pur. L'existance de ces planètes de diamant ne relèvent plus de la science-fiction.
Elles se forment à partir des restes d'étoiles massives riches en carbone. Lorsque certaines étoiles de masse intermédiaire évoluent, elles transforment l'hélium en carbone dans leur cœur, mais n'atteignent jamais les températures nécessaires pour fusionner ce carbone en oxygène. En expulsant leurs couches externes, elles enrichissent ainsi le milieu interstellaire en carbone, mais pas en oxygène. Les planètes qui se forment ensuite à partir de ce matériau peuvent donc être exceptionnellement riches en carbone et pauvres en oxygène. Après un cataclysme, les pressions et températures extrêmes peuvent cristalliser le carbone en diamant. Des exoplanètes comme 55 Cancri e sont suspectées d'être en grande partie composées de carbone sous forme de diamant et de graphite, autour d'un noyau de fer. Une telle planète, d'un rayon deux fois supérieur à celui de la Terre, pourrait contenir l'équivalent de plusieurs fois la masse terrestre en diamant.
Contrairement à toutes les planètes que nous connaissons, les planètes vagabondes (ou interstellaires) ne gravitent autour d'aucune étoile. Elles errent seules dans l'immensité noire et froide de l'espace interstellaire.
Elles peuvent avoir deux origines : soit elles se sont formées seules, comme des étoiles ratées trop peu massives pour allumer la fusion et devenir des naines brunes, soit elles ont été éjectées violemment de leur système planétaire natal par des interactions gravitationnelles. Les astronomes estiment qu'elles pourraient être extrêmement nombreuses, surpassant peut-être même le nombre d'étoiles dans la galaxie.
Les modèles de formation planétaire actuels suggèrent que le disque protoplanétaire du jeune Soleil a donné naissance à une centaine de embryons planétaires majeurs en compétition dans le système solaire interne et externe. Certains aussi massifs que Mars ou Mercure, se sont formés et ont coexisté de manière instable. Les gigantesques collisions qui ont façonné notre système, comme celle ayant créé la Lune, témoignent de cette période violente où le nombre de "candidates" au titre de planète était au moins dix fois supérieur au résultat final.
Les magnétars sont un type d'étoile à neutrons, dont le résidu hyper-dense (une cuillère à café de matière pèse des milliards de tonnes) est issu d'une étoile massive ayant explosé en supernova. Les magnétars possèdent un champ magnétique d'une puissance inimaginable, des milliards de milliards \( (10^{15}) \) de fois plus fort que celui de la Terre.
Dans les étoiles à neutrons la couche de matière nucléaire est si compacte qu'elle se comporte comme un solide d'une rigidité extraordinaire. Le champ magnétique est si intense qu'il provoque des "starquakes" (tremblements d'étoile analogue à un séisme). Ces secousses libèrent des bouffées colossales de rayons gamma et X, visibles à travers la galaxie.
Un magnétar à la distance de la Lune rendrait la Terre inhabitable en quelques minutes, sans même exploser. Un sursaut gamma transformerait l’événement en extinction globale instantanée.
L'exoplanète WASP-12b est une Jupiter chaud, une géante gazeuse orbitant si près de son étoile que sa température de surface dépasse les 2500°C. WASP-12b est l'une des planètes les plus sombres jamais découvertes.
Elle réfléchit moins de 6 % de la lumière qu'elle reçoit, ce qui la rend exceptionnellement sombre pour une planète, plus noire que l'asphalte et proche de la réflectivité du charbon. Cette propriété contraste fortement avec celle de Jupiter, qui réfléchit plus de 50 % de la lumière solaire. Les scientifiques attribuent cette noirceur à une atmosphère riche en hydroxydes de titane et de vanadium, des composés chimiques qui absorbent la quasi-totalité de la lumière visible. La chaleur extrême (supérieure à 1 000 °C) y empêche également la condensation de nuages réfléchissants. Ce que nous observons depuis la Terre n'est donc pas la réflexion de l'étoile, mais la faible lueur intrinsèque de son atmosphère surchauffée.
N.B. : WASP-12b en bref
Découverte en 2008, WASP-12b est un Jupiter chaud orbitant si près de son étoile qu'il accomplit une révolution en 26 heures. Son albédo inférieur à 0,06 en fait l'une des planètes les plus sombres connues. Sa forme est déformée par les forces de marée et son atmosphère s'évapore activement sous le rayonnement stellaire intense.
| Objet | Type / Catégorie | Particularité principale | Exemple connu / Localisation |
|---|---|---|---|
| Étoile Zombie | Naine blanche en système binaire accrétant de la matière | Explosions thermonucléaires répétées (novae) après sa "mort" | RS Ophiuchi, T Coronae Borealis (récurrentes) |
| Planète de Diamant | Exoplanète tellurique riche en carbone | Composition dominante de diamant et de graphite | 55 Cancri e (à ~41 années-lumière) |
| Planète Vagabonde | Planète interstellaire ou naine brune de faible masse | N'orbite autour d'aucune étoile, erre dans l'espace | CFBDSIR 2149-0403 (potentielle, à ~100 a.l.) |
| Magnétar | Étoile à neutrons au champ magnétique hyper-puissant | Champ magnétique ~\(10^{15}\) fois plus fort que celui de la Terre | SGR 1806-20 (dans la constellation du Sagittaire) |
| Exoplanète "Noire" | Jupiter ultra-chaud | Albédo extrêmement faible (<6%), absorbe presque toute la lumière | WASP-12b (à ~1410 années-lumière) |
Source : Données compilées à partir des archives de la NASA/ESA, des publications du Astrophysical Journal et des observations des télescopes spatiaux Hubble, Spitzer, TESS et James Webb.