Distances moyennes des orbites des planètes du système solaire.
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Une orbite parfaitement circulaire nécessiterait un équilibre idéal entre vitesse et gravité, condition presque impossible dans la réalité. C'est pourquoi les astres suivent des trajectoires elliptiques, dont la forme est mesurée par l'excentricité (e). Plus e est proche de 0, plus l'orbite est circulaire (Terre : 0,0167). Plus e est grand, plus l'orbite est allongée (Mercure : 0,206). Cette excentricité crée les apsides : le périhélie (point le plus proche du Soleil) et l'aphélie (point le plus éloigné), dont les distances varient selon la formule r = a(1 ± e).
Enfin, les orbites ne sont pas figées : sous l'effet des perturbations gravitationnelles, la ligne des apsides précesse lentement. La précession du périhélie de Mercure (43 secondes d'arc par siècle) est d'ailleurs l'une des preuves historiques de la relativité générale d'Einstein.
Les planètes intérieures (Mercure, Vénus, Terre, Mars) ont des orbites relativement proches du Soleil, ce qui intensifie les effets de marée et les interactions avec le vent solaire. Leurs apsides sont mesurés avec une grande précision grâce aux éphémérides modernes.
Mercure, avec son excentricité élevée \(e \approx 0.206\), a une orbite très elliptique : son périhélie est à 46 millions de km, et son aphélie à 70 millions de km. Ce déséquilibre engendre une vitesse orbitale très variable, allant de 59 km/s à proximité du Soleil à environ 39 km/s à l’aphélie.
La précession du périhélie de Mercure est un phénomène emblématique. Alors que les lois de Newton prédisent une certaine avance due aux perturbations des autres planètes, les observations montrent un excès de 43" (secondes d’arc) par siècle, parfaitement expliqué par la courbure de l’espace-temps dans le formalisme d’Einstein.
La Terre, avec une orbite quasi circulaire \(e \approx 0.0167\), présente une variation modeste entre périhélie (147,1 millions de km) et aphélie (152,1 millions de km). Cette différence influence la quantité d’énergie solaire reçue (la constante solaire variant de ~6%) mais n’est pas la cause principale des saisons, lesquelles dépendent de l’inclinaison axiale de 23,5°.
Mars, plus éloignée, possède une excentricité de 0,093, soit presque six fois celle de la Terre. Son périhélie (206 millions de km) et son aphélie (249 millions de km) montrent une variabilité saisonnière bien plus accentuée, notamment visible dans son climat asymétrique entre hémisphères.
Vénus est un cas intéressant : son orbite est presque parfaitement circulaire \(e \approx 0.0068\). De ce fait, la variation entre ses apsides est négligeable, mais elle joue un rôle important dans les transits observés depuis la Terre lorsque les alignements sont exacts au passage au nœud.
Les planètes extérieures (Jupiter à Neptune) décrivent des orbites plus larges et globalement plus circulaires que celles des planètes intérieures. Néanmoins, elles subissent des résonances gravitationnelles mutuelles qui modifient lentement leurs apsides. Jupiter, géante dominante, influence fortement l’architecture du système solaire. Son périhélie est à 740 millions de km, et son aphélie à 816 millions de km, avec une excentricité modérée \( e \approx 0.049 \).
Saturne, Uranus et Neptune présentent des écarts d’apsides relativement faibles (quelques dizaines de millions de km) par rapport à leurs distances moyennes, ce qui rend leur mouvement plus stable sur le long terme. Toutefois, leur orbite est également sujette à une lente précession de leurs lignes d’apsides, détectée par l’analyse spectroscopique des anneaux ou le suivi des satellites.
Les corps transneptuniens montrent des excentricités plus extrêmes. Pluton, avec \(e \approx 0.2488\), passe de 4,4 milliards à 7,3 milliards de km selon qu’il est au périhélie ou à l’aphélie. Cette variation est telle que Pluton peut temporairement être plus proche du Soleil que Neptune. Sa ligne d’apsides est inclinée (~17°) et fortement mobile, traduisant un régime chaotique.
D’autres objets lointains comme Éris, Sedna ou les objets extrêmes du nuage de Oort, atteignent des aphélies supérieures à 500 UA. Sedna, par exemple, présente une orbite hautement excentrique \(e \approx 0{,}854\), avec un périhélie à 76 UA et un aphélie estimé à 937 UA. Ces objets sont les témoins fossiles des perturbations passées, peut-être liées à des étoiles proches ou à une planète hypothétique encore non détectée.
Ces apsides éloignés sont essentiels pour la compréhension des frontières du système solaire et des forces gravitationnelles qui y règnent. Ils sont étudiés par simulation numérique, car leur trajectoire ne peut pas être décrite de façon analytique simple, surtout quand les effets relativistes, les résonances et les marées galactiques sont pris en compte.
Le périhélie est le point d'une orbite où un objet est le plus proche du Soleil. L'aphélie est le point le plus éloigné du Soleil. Ces termes sont spécifiques au système solaire. Leurs équivalents généraux, valables pour tout corps central, sont le périastre (point le plus proche du foyer gravitationnel) et l'apoastre (point le plus éloigné). Par exemple, on parle de périgée et d'apogée pour une orbite autour de la Terre, et de périapse et d'apoapse pour une orbite autour d'une étoile quelconque.
L'excentricité détermine la variation de la vitesse orbitale le long de l'orbite. Selon la deuxième loi de Kepler (loi des aires), une planète se déplace plus vite lorsqu'elle est près du périhélie (distance minimale) et plus lentement à l'aphélie. Par exemple, Mercure, avec une excentricité de 0,206, atteint 59 km/s au périhélie et ralentit à environ 39 km/s à l'aphélie. La Terre, avec une excentricité beaucoup plus faible (0,0167), a une variation de vitesse bien moins marquée : environ 30,3 km/s au périhélie contre 29,3 km/s à l'aphélie. Cette variation de vitesse est une conséquence directe de la conservation du moment cinétique.
La précession des apsides est le mouvement lent de rotation de la ligne joignant le périhélie et l'aphélie dans le plan orbital, sous l'effet des perturbations gravitationnelles (notamment interplanétaires). Cet effet est particulièrement notable pour Mercure : les lois de Newton prédisent une certaine avance du périhélie due aux autres planètes, mais les observations montrent un excès de 43 secondes d'arc par siècle. Cet excès a été parfaitement expliqué par la relativité générale d'Einstein comme une conséquence de la courbure de l'espace-temps par la masse du Soleil. La précession des apsides est donc un indicateur sensible des effets non-newtoniens et un test crucial pour les théories de la gravitation.