Principe de l'absorption et de l'émission d'un photon. Si l'énergie mise en jeu est modérée, les transitions électroniques se font uniquement sur les couches externes des atomes. Elles correspondent au passage d’un électron de la sous-couche non remplie à une sous-couche inoccupée d’énergie supérieure (absorption) ou au retour d’un électron sur la sous-couche de valence (émission). Si l'énergie mise en jeu est suffisamment forte (dans les très hautes fréquences), il y a arrachement des électrons. Source image : astronoo.com
L'article retrace l'évolution de la compréhension de la lumière, de Newton à Bohr, en passant par les découvertes fondamentales de la spectroscopie. Il établit que la lumière possède une dualité onde-particule (photons). L'énergie d'un photon est quantifiée par E = hν = hc/λ : plus la longueur d'onde est courte, plus l'énergie est grande. L'expérience des fentes de Young confirme la nature ondulatoire, tandis que l'effet photoélectrique (Einstein) prouve son aspect corpusculaire. Le modèle de Bohr introduit des orbites électroniques quantifiées, où l'absorption ou l'émission de photons correspond à des sauts d'énergie entre niveaux atomiques, expliquant ainsi les raies spectrales caractéristiques de chaque élément.
La lumière, qu'elle provienne du Soleil ou d'une lampe de laboratoire, est le messager universel qui nous renseigne sur la composition et la physique des objets célestes et terrestres. L'article d'Astronoo.com retrace les étapes clés qui ont mené à notre compréhension actuelle de l'interaction lumière-matière : un voyage de près de quatre siècles, jalonné par les intuitions de Newton, les mesures de Rømer, la théorie ondulatoire de Huygens, et les expériences cruciales de Young et de Fraunhofer.
Au cœur de cette histoire se trouve la découverte que la lumière n'est pas un phénomène continu, mais qu'elle est composée de photons, des « grains » d'énergie dont la valeur est rigoureusement définie par la relation de Planck-Einstein : E = h × ν. Cette quantification est la clé pour comprendre le principe d'absorption et d'émission atomique. En effet, les électrons qui gravitent autour du noyau atomique ne peuvent occuper que des orbites (ou niveaux d'énergie) bien précis, comme des marches d'un escalier.
Lorsqu'un photon d'énergie exactement égale à la différence entre deux marches (deux niveaux) frappe l'atome, il peut être absorbé, propulsant l'électron vers un niveau supérieur (état excité). Inversement, lorsqu'un électron retombe sur une marche inférieure, il émet un photon dont l'énergie correspond à la hauteur de la marche franchie. C'est ce mécanisme fondamental qui produit les raies spectrales observées par Fraunhofer dans la lumière solaire et qui sert aujourd'hui de véritable « code-barres » pour identifier la présence d'éléments chimiques à des millions de kilomètres. L'article souligne que ce sont ces transitions quantifiées qui font de la lumière une sonde incomparable pour explorer l'Univers.
La lumière est la seule information que les scientifiques ont à leur disposition pour comprendre le monde qui nous entoure. Au fil des siècles, les scientifiques ont fait « parler » la lumière.
En 1670, Isaac Newton (1643-1727) regarde la lumière blanche du Soleil dans un prisme de verre et s'aperçoit que ce faisceau de lumière est décomposé. Il pense que la lumière est composée de corpuscules.
En 1676, Ole Christensen Rømer (1644-1710) détermine la vitesse de la lumière en observant les satellites de Jupiter.
En 1690, Christian Huygens (1629-1695) énonce que la lumière est constituée d'une série d'ondes propagées à travers l'éther, substrat immatériel qui sert de support dans le vide pour véhiculer la lumière.
En 1801, Thomas Young (1773-1829) obtient une figure d'interférence (image ci-contre), montrant que la lumière est une onde, car les ondes peuvent s'ajouter et se soustraire afin de fabriquer des interférences (zones sombres entrecoupées de zones lumineuses). Cette expérience permet de comprendre le comportement et la nature de la lumière.
En 1814, Joseph von Fraunhofer (1787-1826) remarque des raies dans la lumière visible du spectre solaire. Cet opticien et physicien allemand est le premier à étudier la diffraction de la lumière à l'aide de réseaux optiques (diffraction de Fraunhofer). À cette époque, on ne connaît pas la raison de la présence de ces raies dans le spectre visible de la lumière. La réponse arrivera bien plus tard.
En 1850, Robert Wilhelm Bunsen (1811-1899) et Gustav Robert Kirchhoff (1824-1887) découvrent que les raies spectrales de la lumière émise par un corps incandescent constituent une signature permettant d'identifier ce corps. En observant le spectre de la lumière solaire, ils reconnaissent plusieurs éléments chimiques présents sur Terre, dont le césium et le rubidium.
En 1864, James Clerk Maxwell (1831-1879) fait une synthèse des ondes électriques et électromagnétiques. Il détermine que la lumière est une onde électromagnétique et que l'ensemble du spectre électromagnétique est lumière. Ce qui différencie les ondes électromagnétiques entre elles, c'est la longueur d'onde. Les différentes fenêtres du spectre électromagnétique se caractérisent par une plage de longueurs d'ondes, mais aussi par une plage de fréquences.
En 1900, Max Planck résout l'énigme du corps noir : sa formule décrit parfaitement la lumière qu'émettrait un corps en fonction de sa température. En d'autres termes, une température élevée indique une énergie élevée, une température basse indique une énergie faible.
En 1905, Albert Einstein (1879-1955) explique l'effet photoélectrique : ce sont des photons de la lumière incidente qui arrachent des électrons à la matière.
Les photons agissent comme des quanta d'énergie, ce que Planck avait déjà suggéré, mais c'est Einstein qui le montre. Ces photons disposent donc d'une certaine énergie, c'est elle qui va arracher les électrons du métal. Lorsque nous recevons sur notre peau les rayons lumineux du Soleil, nous ressentons bien l'énergie qu'ils transportent.
La lumière est donc bien constituée de photons au comportement ondulatoire, et à chacun de ces photons correspond une énergie. Plus la longueur d'onde du photon est courte, et plus il est énergétique.
En 1911, Ernest Rutherford (1871-1937) précise la structure de l'atome et donne une taille au noyau atomique de l'ordre de 10-14 mètre.
En 1913, Niels Bohr (1885-1962) propose la structure de l'atome d'hydrogène : les électrons sont situés sur des orbites quantifiées. L'électron navigue à une certaine distance, sur l'une des couches en pelure d'oignon autour du noyau. C'est le principe d'absorption et d'émission de lumière dans un atome.
En 1801, Thomas Young (1773-1829) : la fameuse expérience des « fentes de Young » consiste à faire interférer deux faisceaux de lumière issus d'une même source. Cette expérience, faite avec des photons, a été réalisée depuis avec toutes les particules : avec des électrons dans les années 1920, avec des neutrons dans les années 1950, avec des atomes dans les années 1980 et avec des molécules dans les années 1990.
N.B. :
Énergie du photon : E = hν = hc / λ.
E est l'énergie exprimée en joule, h est la constante de Planck (6,62 × 10-34), ν est la fréquence (nombre d'oscillations électromagnétiques), c est la célérité de la lumière dans le vide et λ est la longueur d'onde. L'énergie d'un photon est donc infiniment petite. En d'autres termes, plus la longueur d'onde est courte, plus la fréquence est élevée et plus l'énergie est grande.
Un photon est un « grain » ou quantum de lumière, à la fois particule et onde. Son énergie (E) est directement proportionnelle à sa fréquence (ν) via la constante de Planck (h) : E = h × ν. Comme la fréquence est inversement proportionnelle à la longueur d'onde (λ) par la relation ν = c/λ (où c est la vitesse de la lumière), l'énergie peut aussi s'écrire E = hc / λ. Ainsi, une lumière bleue (λ courte) transporte des photons plus énergétiques qu'une lumière rouge (λ longue). L'article précise que cette énergie est « infiniment petite » à l'échelle humaine, mais elle est suffisante pour interagir avec les électrons.
Parce que les électrons d'un atome ne peuvent occuper que des niveaux d'énergie bien définis (orbites quantifiées, selon le modèle de Bohr). Pour passer d'un niveau à un autre, l'électron doit absorber ou libérer une quantité d'énergie exactement égale à la différence entre ces deux niveaux (ΔE). Si un photon incident a une énergie (hν) qui ne correspond à aucun ΔE possible, il ne sera pas absorbé et traversera la matière sans interaction. C'est pourquoi chaque élément chimique possède un spectre d'absorption unique, composé de raies sombres à des longueurs d'onde spécifiques : son « empreinte digitale » lumineuse.
Spectre d'émission : il est produit lorsqu'un atome excité (électron sur une orbite haute) retourne à un état de plus basse énergie. L'électron libère alors un photon dont la longueur d'onde correspond à la différence d'énergie. On observe des raies brillantes sur un fond sombre (par exemple, une lampe à vapeur de sodium).
Spectre d'absorption : il est observé lorsqu'une lumière blanche (contenant toutes les longueurs d'onde) traverse un gaz froid. Les atomes du gaz absorbent sélectivement les photons dont l'énergie correspond à leurs transitions permises, créant des raies sombres sur un fond continu. Le spectre solaire de Fraunhofer est un exemple classique de spectre d'absorption.
L'expérience de Young (1801) envoie un faisceau de lumière monochromatique à travers deux fentes parallèles très fines. Sur un écran placé derrière, on n'observe pas deux taches lumineuses, mais une série de franges alternativement brillantes et sombres. Ces « interférences » sont la signature caractéristique d'un phénomène ondulatoire : les ondes issues des deux fentes s'additionnent (franges brillantes) ou s'annulent (franges sombres) selon leur différence de chemin. Cette expérience a été reproduite avec des électrons, des atomes et même des molécules, démontrant que la dualité onde-particule est une propriété fondamentale de la matière à l'échelle quantique.