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Dernière mise à jour : 23 août 2026

Aquarius : Une Mission pour Cartographier la Salinité des Océans

Le satellite Aquarius cartographie la salinité des océans

Comparaison de la Salinité de la Surface de la Mer (SSS). Deux cartes mondiales de la salinité de la surface de la mer, mesurées en grammes par kilogramme (g/kg), illustrent les variations temporelles entre 2011 et juin 2015. La légende des couleurs, commune aux deux cartes, indique que les zones rouge et orange représentent les salinités les plus élevées (jusqu'à 38 g/kg), tandis que les zones bleu foncé et violettes représentent les salinités les plus faibles (jusqu'à 33 g/kg). Les terres émergées sont représentées en noir, et les zones de données manquantes sont indiquées par un carré blanc dans la légende. Ces images permettent de visualiser les structures permanentes de la salinité, telles que l'Atlantique généralement plus salé que le Pacifique, ainsi que les changements saisonniers et interannuels, comme l'évolution des panaches de grands fleuves et les effets de phénomènes climatiques.
Source image : NASA/CONAE (nouvelle fenêtre).

Résumé scientifique

L'article d'Astronoo présente la mission Aquarius, un observatoire spatial dédié à la mesure de la salinité de surface des océans. Lancé en 2011, il a permis d'obtenir des cartes globales avec une précision inédite de 0,2 PSU (Practical Salinity Unit, soit 0,2 gramme de sel par kilogramme d'eau de mer) grâce à un radiomètre passif opérant dans la bande L (fréquence d'environ 1,4 GHz), dont la sensibilité aux variations d'émissivité de la surface marine permet de déduire la teneur en sel. Ce radiomètre était associé à un scatteromètre actif pour corriger les effets de rugosité dus au vent et aux vagues. Les données ont révélé la variabilité saisonnière et interannuelle de la salinité, influencée par les cycles hydrologiques, la fonte des glaces et les grands fleuves. Malgré une panne en 2015, Aquarius a validé les modèles de circulation océanique et posé les bases de l'hydro-climatologie spatiale, servant de référence pour les missions ultérieures comme SMOS et SMAP.

Qu’est-ce que la mission Aquarius et pourquoi est-elle essentielle pour la science climatique ?

Cet article est consacré à la mission Aquarius, un satellite développé par la NASA et l'agence spatiale argentine CONAE. Mais en quoi cette mission est-elle essentielle pour la science climatique ? La réponse réside dans sa capacité unique à mesurer la salinité de surface des océans depuis l'espace. Ce paramètre, longtemps inaccessible à grande échelle, est un marqueur clé du cycle de l'eau, des échanges atmosphère-océan et de la circulation thermohaline. Avant Aquarius, les données provenaient de bouées, de navires ou de modèles, avec une couverture spatiale et temporelle limitée. Grâce à son radiomètre en bande L, Aquarius a pu sonder l'émissivité de l'eau, directement liée à sa teneur en sel, tout en corrigeant les effets perturbateurs du vent et de la température de surface. Pendant quatre ans, il a fourni des cartes mensuelles de la salinité, révélant des structures fines comme les panaches d'eau douce de l'Amazonie ou les variations saisonnières du Gulf Stream. Sa précision de 0,2 PSU a permis de valider et d'affiner les modèles climatiques. Bien que la mission se soit achevée prématurément en 2015, son héritage est immense : elle a ouvert la voie à une nouvelle discipline, l'hydro-climatologie spatiale, et ses données restent une référence pour les satellites actuels comme SMOS et SMAP, contribuant ainsi à une meilleure compréhension de la machine climatique terrestre.

Pourquoi mesurer la salinité des océans ?

Un indicateur clé du cycle de l'eau

La salinité de surface des océans joue un rôle crucial dans la dynamique océanique mondiale. Elle influence la densité de l’eau, conditionne la circulation thermohaline et interagit avec le cycle de l’eau et les échanges thermiques atmosphère-océan. Une variation de salinité peut révéler des processus climatiques à grande échelle, comme El Niño ou les dérives saisonnières du Gulf Stream. Pourtant, jusqu’en 2011, les mesures étaient essentiellement ponctuelles ou dérivées de modélisations. Le lancement du satellite Aquarius, conçu par la NASA et la CONAE argentine, a révolutionné ce domaine en permettant une observation spatiale directe et régulière de la salinité à l’échelle globale.

Une technologie de radiométrie micro-onde de haute précision

Le radiomètre en bande L et le scatteromètre

Aquarius était équipé d’un radiomètre passif opérant à 1,413 GHz (bande L), sensible aux faibles variations d’émissivité des eaux de surface induites par leur teneur en sel. Pour corriger les perturbations atmosphériques et les effets de surface (vent, température, rugosité), le satellite embarquait également un radar actif en bande L (scatteromètre). L’orbite quasi-polaire de 657 km permettait une couverture globale en 7 jours avec une résolution spatiale d’environ 150 km. Les mesures de salinité ainsi obtenues avaient une précision d’environ 0,2 PSU (Practical Salinity Unit), suffisante pour détecter des anomalies régionales significatives.

Résultats scientifiques et fin de mission

Un apport majeur pour la compréhension de l'océan

Pendant ses 4 années d’activité (de juin 2011 à juin 2015), Aquarius a fourni des cartes globales mensuelles de la salinité de surface qui ont permis de :

En juin 2015, une panne électrique a mis fin à la mission. Cependant, les données collectées restent une référence, notamment pour le couplage océan-atmosphère et la calibration des satellites successeurs comme SMOS (ESA) et SMAP (NASA).

Un héritage pour l’océanographie spatiale

L'hydro-climatologie spatiale, une nouvelle discipline

Aquarius a démontré que la salinité pouvait être mesurée avec fiabilité depuis l’espace. Son succès a ouvert la voie à une nouvelle discipline : l’hydro-climatologie spatiale. Les données d’Aquarius, librement accessibles, continuent d’alimenter les études sur les bilans hydrologiques globaux, l’acidification des océans et la variabilité climatique. En combinant température, salinité et altimétrie (par exemple avec Jason-3), les chercheurs disposent désormais d’outils cohérents pour comprendre les flux énergétiques dans l’océan mondial.

Salinité, humidité, altimétrie : les satellites complémentaires d’Aquarius

Principaux satellites dédiés à la salinité et à l’océanographie
SatelliteAgence(s)PériodeParamètre principalTechnologie utiliséeRésolution / Précision
AquariusNASA / CONAE2011–2015Salinité de surfaceRadiomètre L-band + scatteromètre150 km / ±0.2 PSU
SMOSESA / CNES2009–présentSalinité & humidité du solInterférométrie micro-ondes L-band50 km / ±0.2 PSU
SMAPNASA2015–présentHumidité des sols + salinitéRadiomètre passif + radar (en panne)~60 km / ±0.2 PSU
Jason-3CNES / NASA / EUMETSAT / NOAA2016–présentHauteur de mer (altimétrie)Altimètre radar Ku/C~10 cm de précision altimétrique

Références

FAQ : Tout savoir sur la mission Aquarius

Qu'est-ce que la mission Aquarius ?

Aquarius est un satellite d'observation de la Terre, développé par la NASA et la CONAE (l'agence spatiale argentine), dédié à la mesure de la salinité de surface des océans. Lancé en juin 2011, il a fonctionné jusqu'en juin 2015. Il s'agissait du premier satellite spécifiquement conçu pour cartographier la salinité des océans à l'échelle mondiale, avec une précision de 0,2 PSU (Practical Salinity Unit, soit 0,2 gramme de sel par kilogramme d'eau de mer).

Pourquoi la salinité des océans est-elle un paramètre important pour le climat ?

La salinité est un traceur essentiel du cycle hydrologique mondial. Elle reflète les échanges d'eau douce entre l'océan et l'atmosphère (évaporation et précipitations), ainsi que les apports d'eau douce continentale (fonte des glaces, ruissellement des fleuves). En influençant directement la densité de l'eau de mer, la salinité est un moteur fondamental de la circulation thermohaline — le grand « tapis roulant » océanique qui distribue la chaleur à travers le globe et régule le climat. Une variation de salinité peut ainsi révéler des bouleversements climatiques à grande échelle, comme les épisodes El Niño ou les modifications du Gulf Stream.

Comment Aquarius mesurait-il la salinité depuis l'espace ?

Aquarius utilisait un radiomètre passif opérant en bande L (fréquence d'environ 1,4 GHz), une gamme de fréquences particulièrement sensible aux variations d'émissivité de la surface de l'eau. Or, cette émissivité diminue lorsque la concentration en sel augmente. Pour obtenir des mesures fiables, Aquarius devait corriger les perturbations atmosphériques (vapeur d'eau, nuages) et les effets de rugosité de la surface (vent, vagues). C'est pourquoi il embarquait également un scatteromètre actif (radar en bande L) qui mesurait la rugosité de la surface et permettait d'éliminer son influence sur les données du radiomètre. Cette combinaison unique de radiomètre et de scatteromètre a permis une précision inédite.

Quelle a été la durée de vie d'Aquarius et pourquoi s'est-elle arrêtée ?

La mission Aquarius a duré quatre ans, de juin 2011 à juin 2015. Le satellite a fourni des données de manière continue pendant cette période, permettant d'établir des cartes mensuelles de la salinité de surface des océans. En juin 2015, une panne électrique majeure a affecté le système d'alimentation du satellite, rendant impossible la poursuite des opérations scientifiques. Bien que la mission ait été écourtée — elle était initialement prévue pour durer au moins trois ans avec une extension possible — la quantité et la qualité des données collectées ont largement dépassé les objectifs scientifiques.

Quels sont les principaux résultats scientifiques d'Aquarius ?

Aquarius a livré des résultats majeurs qui ont transformé notre compréhension de l'océan. Il a permis de valider et d'affiner les modèles de circulation océanique et d'évaporation-précipitation. Les données ont révélé des structures fines de salinité jusqu'alors inaccessibles, comme les panaches d'eau douce issus de grands fleuves (Amazonie, Congo, Gange) ou de la fonte des glaces arctiques. Aquarius a également mis en évidence la variabilité saisonnière et interannuelle de la salinité, en lien avec les cycles ENSO (El Niño / La Niña) et les déplacements des courants océaniques. Ces observations ont permis de mieux comprendre les interactions océan-atmosphère et leur rôle dans la régulation du climat.

Quel est l'héritage de la mission Aquarius pour la science ?

Aquarius a démontré de manière irréfutable que la salinité des océans pouvait être mesurée avec fiabilité et régularité depuis l'espace. Son succès a ouvert la voie à une nouvelle discipline scientifique, l'hydro-climatologie spatiale. Les données d'Aquarius, librement accessibles, continuent d'alimenter des études sur les bilans hydrologiques globaux, l'acidification des océans et la variabilité climatique. La mission a également servi de référence pour la calibration des satellites successeurs comme SMOS (ESA) et SMAP (NASA). En combinant les données de salinité (Aquarius, SMOS, SMAP) avec celles de température et d'altimétrie (Jason-3, Sentinel-6), les chercheurs disposent désormais d'un système cohérent pour surveiller en temps réel les flux énergétiques et hydrologiques de l'océan mondial.

Quelle est la différence entre Aquarius, SMOS et SMAP ?

Ces trois satellites mesurent la salinité mais avec des technologies et des objectifs légèrement différents. Aquarius (NASA/CONAE) combinait un radiomètre et un scatteromètre en bande L, offrant une précision de 0,2 PSU avec une résolution spatiale de 150 km. SMOS (ESA/CNES), lancé en 2009 et toujours actif, utilise un radiomètre interférométrique en bande L, avec une meilleure résolution spatiale (~50 km) mais une précision comparable. Il mesure également l'humidité des sols. SMAP (NASA), lancé en 2015, est principalement dédié à l'humidité des sols, mais inclut une capacité de mesure de la salinité océanique avec un radiomètre en bande L. Bien que son radar soit tombé en panne peu après le lancement, il continue de fournir des données de salinité utiles, avec une résolution d'environ 60 km. Ces trois missions sont complémentaires et leurs données sont souvent utilisées conjointement.

Où puis-je accéder aux données d'Aquarius ?

Les données d'Aquarius sont librement accessibles au public. Elles sont hébergées par plusieurs centres de données, notamment le PO.DAAC (nouvelle fenêtre) (Physical Oceanography Distributed Active Archive Center) de la NASA/JPL, ainsi que par le AVISO (nouvelle fenêtre) en France. Les données sont disponibles sous différents formats et niveaux de traitement (niveaux 2 et 3), allant des mesures brutes aux cartes globales mensuelles. Des outils de visualisation et de téléchargement sont également proposés pour faciliter leur exploitation par la communauté scientifique et le grand public.

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