Image composite du rémanent de la supernova de l'astronome danois Tycho Brahe (1546-1601). Observée pour la première fois le 11 novembre 1572 dans la constellation de Cassiopée, cette supernova de type Ia a été visible à l'œil nu, avec une luminosité dépassant celle de Vénus. Son rémanent est aujourd'hui estimé à une distance comprise entre environ 8 000 et 13 000 années-lumière selon les méthodes de mesure utilisées.
Source Image : Chandra X-ray.
L'article décrit la supernova comme l'explosion cataclysmique marquant la fin de vie d'une étoile, libérant une énergie de l'ordre de 1044 à 1046 joules en quelques secondes, soit l'équivalent de 10 000 à 100 000 fois l'énergie émise par le Soleil en 10 milliards d'années. Il détaille la classification moderne des supernovae : les supernovae thermonucléaires de type Ia, issues de l'explosion d'une naine blanche, et les supernovae à effondrement de cœur (types Ib, Ic et II), issues de la mort d'étoiles massives, distinguées selon les couches externes qu'elles ont conservées ou perdues avant l'explosion. Il mentionne les phénomènes plus extrêmes d'hypernovae et de sursauts gamma, ainsi que la détection historique des neutrinos de SN 1987A, soulignant le rôle crucial des supernovae dans la nucléosynthèse des éléments lourds, comme l'or ou l'uranium, et leur dispersion dans le milieu interstellaire.
Une supernova est bien plus qu'une simple explosion stellaire : c'est l'un des événements les plus énergétiques du cosmos, agissant comme un véritable creuset nucléaire. L'article explique que ces explosions surviennent selon deux mécanismes physiques fondamentalement distincts. Le premier, dit à effondrement de cœur, concerne les étoiles massives (au moins huit fois la masse du Soleil), dont le noyau s'effondre sous son propre poids lorsque les réactions de fusion s'arrêtent, formant une étoile à neutrons ou un trou noir, tandis que les couches externes sont violemment éjectées ; selon la quantité d'hydrogène et d'hélium conservée par l'étoile avant l'explosion, ce mécanisme produit les supernovae de type II, Ib ou Ic. Le second mécanisme, dit thermonucléaire, implique une naine blanche dans un système binaire qui, en accrétant de la matière d'une étoile compagne, atteint une masse critique proche de 1,4 fois la masse du Soleil et explose intégralement, sans laisser aucun résidu compact : c'est la supernova de type Ia. Ce qui rend ces phénomènes fondamentaux pour notre compréhension de l'Univers, c'est leur capacité à générer, dans des conditions de température et de pression extrêmes, une grande partie des éléments chimiques plus lourds que le fer. Sans les supernovae, des éléments essentiels comme le carbone, l'oxygène, le fer, l'or ou l'uranium ne seraient pas dispersés dans l'espace, et les planètes rocheuses, ainsi que la vie elle-même, n'auraient pu voir le jour.
Les supernovae à effondrement de cœur se produisent à la suite de l'effondrement du noyau d'une étoile massive, généralement au moins huit fois plus massive que le Soleil. Lorsque le carburant nucléaire de l'étoile est épuisé, la pression causée par les réactions de fusion nucléaire ne suffit plus à contrer la gravité de l'étoile, ce qui provoque l'effondrement de son noyau en une fraction de seconde.
Le noyau compact résultant peut devenir une étoile à neutrons ou, pour les étoiles les plus massives, un trou noir, tandis que les couches externes de l'étoile sont expulsées dans l'espace à des vitesses pouvant atteindre plusieurs dizaines de milliers de kilomètres par seconde, créant ainsi une supernova.
La classification observationnelle des supernovae repose sur la présence ou l'absence de certaines raies dans leur spectre lumineux, en particulier celles de l'hydrogène. Cette classification recoupe partiellement, mais pas entièrement, les deux mécanismes physiques d'explosion.
Les supernovae de type Ia ne présentent pas de raies d'hydrogène dans leur spectre. Elles résultent de l'explosion thermonucléaire complète d'une naine blanche carbone-oxygène, membre d'un système binaire, qui accrète de la matière d'une étoile compagne jusqu'à approcher la limite de Chandrasekhar (environ 1,4 masse solaire). L'étoile entière est alors détruite : contrairement aux autres types, aucun résidu compact (étoile à neutrons ou trou noir) ne subsiste. Leur luminosité très homogène à leur maximum en fait des chandelles standard utilisées pour mesurer les distances cosmiques, ce qui a permis la découverte de l'accélération de l'expansion de l'Univers.
Les supernovae de type Ib et de type Ic ne présentent, elles non plus, pas de raies d'hydrogène ; elles ont longtemps pu être confondues avec le type Ia sur ce seul critère. Elles résultent pourtant d'un mécanisme totalement différent : l'effondrement du cœur d'une étoile massive qui a perdu son enveloppe externe d'hydrogène (et, pour le type Ic, également son enveloppe d'hélium), soit par un vent stellaire intense, soit par transfert de matière vers une étoile compagne. Le type Ib conserve des raies d'hélium dans son spectre, que le type Ic a également perdues.
Les supernovae de type II résultent, comme les types Ib et Ic, de l'effondrement du noyau d'une étoile massive, mais celle-ci a conservé une part significative de son enveloppe d'hydrogène, dont les raies apparaissent nettement dans le spectre. Elles sont plus fréquentes dans les régions de formation d'étoiles récentes des galaxies spirales.
N.B. :
Une idée reçue fréquente associe systématiquement « type I » à « explosion de naine blanche » et « type II » à « effondrement de cœur ». Cette équivalence n'est vraie que pour les types Ia (naine blanche) d'un côté, et II d'un autre : les types Ib et Ic, bien que classés parmi les supernovae de type I en raison de l'absence d'hydrogène dans leur spectre, résultent bien d'un effondrement de cœur d'étoile massive, au même titre que le type II.
Les super explosions désignent des événements encore plus extrêmes que les supernovae, souvent liés à des phénomènes comme les hypernovae ou les sursauts de rayons gamma (GRB). Une hypernova est une supernova à effondrement de cœur particulièrement puissante, produisant des quantités d'énergie bien supérieures à une supernova classique, généralement associée à l'effondrement direct d'une étoile très massive en trou noir.
Les sursauts de rayons gamma, quant à eux, sont des décharges d'énergie incroyablement intenses et brèves qui peuvent dépasser toute la luminosité de la galaxie pendant quelques secondes à quelques minutes. Les sursauts gamma dits « longs » sont associés à l'effondrement du cœur d'une étoile massive en rotation rapide donnant naissance à un trou noir, tandis que les sursauts gamma « courts » proviennent le plus souvent de la fusion de deux étoiles à neutrons.
En général, une supernova libère une quantité d'énergie astronomique, de l'ordre de 1044 à 1046 joules. Cette énergie est émise en grande majorité sous forme de neutrinos (plus de 99 % dans le cas d'un effondrement de cœur), le reste se répartissant entre l'énergie cinétique des matières éjectées et le rayonnement électromagnétique visible. Cela correspond à environ 10 000 à 100 000 fois l'énergie que notre Soleil émet pendant toute sa vie (qui dure environ 10 milliards d'années).
Une supernova n'est pas un événement instantané, bien qu'elle se déroule rapidement en termes astronomiques. L'effondrement du cœur lui-même dure une fraction de seconde, mais l'éclat lumineux visible atteint son maximum en quelques jours à quelques semaines, puis décroît sur plusieurs mois. Les restes de l'explosion, appelés rémanents de supernova, continuent quant à eux d'émettre de la lumière et de l'énergie pendant des milliers d'années, en se dilatant progressivement dans le milieu interstellaire.
Quelques supernovae survenues dans notre Galaxie ou à proximité ont marqué l'histoire de l'astronomie par leur observation directe.
Observée pour la première fois le 11 novembre 1572 dans la constellation de Cassiopée, cette supernova doit son nom à l'astronome danois Tycho Brahe, dont les mesures précises de sa position ont démontré qu'elle se situait au-delà de la sphère lunaire, contredisant le dogme aristotélicien de l'immuabilité des cieux. L'analyse spectroscopique de la lumière réfléchie par la poussière environnante (un « écho lumineux » observé plus de quatre siècles après l'explosion) a confirmé en 2008 qu'il s'agissait d'une supernova thermonucléaire de type Ia standard. Son rémanent est situé, selon les méthodes de mesure, entre environ 8 000 et 13 000 années-lumière de la Terre.
Le 23 février 1987, l'effondrement d'une étoile supergéante bleue dans le Grand Nuage de Magellan, une galaxie satellite de la Voie lactée située à environ 160 000 années-lumière, a produit la supernova SN 1987A, de type II. Environ trois heures avant la détection de sa lumière visible, une vingtaine de neutrinos issus de l'effondrement du cœur stellaire ont été détectés par les instruments Kamiokande-II (Japon), IMB (États-Unis) et Baksan (Russie), une première historique qui a confirmé expérimentalement les modèles théoriques d'effondrement de cœur et donné naissance à l'astronomie des neutrinos.
Le tableau suivant compare quelques-unes des supernovae les mieux documentées, qu'elles aient été observées dans l'histoire ou identifiées plus récemment grâce à leurs rémanents (restes de l'explosion qui continuent d'émettre de la lumière et de l'énergie pendant des mois).
| Supernova | Année | Constellation | Type | Distance | Magnitude apparente au maximum | Résidu |
|---|---|---|---|---|---|---|
| SN 1006 | 1006 | Loup | Ia (thermonucléaire) | ~7 200 années-lumière | ~-7,5 (la plus brillante jamais consignée) | Aucun résidu compact ; rémanent SNR G327.6+14.6 |
| SN 1054 (Crabe) | 1054 | Taureau | II (effondrement de cœur) | ~6 500 années-lumière | ~-6 | Pulsar du Crabe, au sein de la nébuleuse du Crabe |
| SN 1181 | 1181 | Cassiopée | Iax (fusion de naines blanches, sous-lumineuse) | ~7 500-10 000 années-lumière | ~0 à -1,4 | Étoile survivante (« étoile de Parker ») au sein du rémanent Pa 30 |
| SN 1572 (Tycho) | 1572 | Cassiopée | Ia (thermonucléaire) | ~8 000-13 000 années-lumière | ~-4 | Aucun résidu compact ; rémanent 3C 10 |
| SN 1604 (Kepler) | 1604 | Ophiuchus | Ia (thermonucléaire) | < 20 000 années-lumière | ~-2,25 à -2,5 | Aucun résidu compact ; rémanent en coquille |
| SN 1987A | 1987 | Dorade (Grand Nuage de Magellan) | II (effondrement de cœur) | ~160 000-168 000 années-lumière | ~2,9 | Résidu compact encore débattu ; premières neutrinos détectés |
N.B. :
SN 1181 a longtemps été la seule supernova historique dépourvue de rémanent identifié avec certitude ; son association avec la nébuleuse Pa 30 n'a été établie qu'en 2021, sur la base de la position, de l'âge et de la luminosité déduits des observations chinoises et japonaises de l'époque.
Les supernovae jouent un rôle crucial dans la formation des éléments lourds, mais aussi dans la formation de nombreux isotopes, ions, et autres espèces chimiques. En raison des températures extrêmement élevées et des conditions de pression extrêmes qui règnent dans ces explosions, une grande variété d'éléments, de formes ionisées et d'isotopes sont produits. Une partie des éléments les plus lourds, comme l'or, le plomb ou l'uranium, seraient plutôt produits par un processus de capture rapide de neutrons (processus r) survenant lors des fusions d'étoiles à neutrons, un phénomène complémentaire aux supernovae identifié depuis l'observation de l'événement GW170817 en 2017. Tous ces éléments, une fois formés, sont dispersés dans l'espace, enrichissant ainsi le milieu interstellaire. Cela contribue à la création de nouvelles étoiles, planètes et systèmes solaires, et permet la formation de la matière dont sont faites les planètes et la vie.
Bien que la formation de molécules complexes soit plus courante dans des conditions plus froides (comme dans les nuages moléculaires), les supernovae peuvent également initier la formation de certaines molécules dans les gaz éjectés, notamment des molécules simples telles que le monoxyde de carbone (CO) ou le dioxyde de carbone (CO2), ainsi que des grains de poussière cosmique.
Krause, O. et al. (2008). Tycho Brahe's 1572 supernova as a standard type Ia explosion revealed from its light echo spectrum, Nature, 456, 617-619. DOI: 10.1038/nature07608
Hirata, K. et al. (1987). Observation of a neutrino burst from the supernova SN1987A, Physical Review Letters, 58(14), 1490-1493. DOI: 10.1103/PhysRevLett.58.1490
Chandra X-ray Observatory (NASA) — Tycho's Supernova Remnant
NASA Science — Supernovas
ESA/Hubble — Supernova
La distinction principale réside dans le mécanisme physique et dans la présence de raies d'hydrogène dans leur spectre lumineux. Les supernovae de type II résultent de l'effondrement du noyau d'une étoile massive (au moins huit fois la masse du Soleil) ayant conservé son enveloppe d'hydrogène, et présentent des raies d'hydrogène. Les supernovae de type Ia, en revanche, n'ont pas d'hydrogène dans leur spectre et sont provoquées par l'accrétion de matière sur une naine blanche dans un système binaire, jusqu'à une explosion thermonucléaire totale, sans résidu compact.
Contrairement à une idée reçue, l'absence d'hydrogène dans le spectre n'implique pas systématiquement une naine blanche. Les supernovae de type Ib et Ic résultent, comme le type II, de l'effondrement du cœur d'une étoile massive, mais celle-ci a perdu son enveloppe externe d'hydrogène (et d'hélium pour le type Ic) avant l'explosion, par un vent stellaire puissant ou un transfert de matière vers une étoile compagne.
Une hypernova est une explosion à effondrement de cœur extrêmement puissante, bien plus énergétique qu'une supernova classique. L'article la présente comme un phénomène au-delà de la supernova, souvent associée aux sursauts gamma longs (GRB). Elle libère des quantités d'énergie phénoménales, et est liée à l'effondrement direct d'un noyau stellaire très massif et en rotation rapide, donnant naissance à un trou noir.
Deux événements ont particulièrement marqué l'histoire de l'astronomie : SN 1572, dite « supernova de Tycho Brahe », observée à l'œil nu dans notre Galaxie et confirmée depuis comme une supernova de type Ia, et SN 1987A, survenue en 1987 dans le Grand Nuage de Magellan, dont la détection de neutrinos quelques heures avant la lumière visible a inauguré l'astronomie des neutrinos.
Les supernovae jouent un rôle crucial de « forge cosmique ». Lors de l'explosion, les conditions extrêmes permettent la nucléosynthèse de nombreux éléments, du carbone à l'or en passant par le fer, une partie des éléments les plus lourds étant également produite lors de la fusion d'étoiles à neutrons. Ces éléments sont ensuite dispersés dans l'espace, enrichissant le milieu interstellaire. C'est à partir de cette matière enrichie que se forment les nouvelles générations d'étoiles, de planètes et, potentiellement, la vie.