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Dernière mise à jour : 19 septembre 2026

Les Céphéides : pourquoi leur luminosité varie-t-elle si régulièrement ?

RS Puppis, une Céphéide entourée d'une nébuleuse de poussière qui réfléchit sa lumière, photographiée par le télescope spatial Hubble

L'étoile brillante de l'hémisphère sud RS Puppis (au centre de l'image) est enveloppée dans un cocon de poussière qui réfléchit sa lumière. Cette Céphéide d'environ 9 à 10 masses solaires est de l'ordre de 200 fois plus grande que le Soleil et environ 15 000 fois plus lumineuse. Son éclat augmente et diminue de façon rythmique sur un cycle d'environ 41,5 jours, soit près de six semaines.
Source image : NASA, ESA et l'équipe Hubble Heritage (STScI/AURA) – Hubble/Europe Collaboration (nouvelle fenêtre). Remerciements : H. Bond (STScI et Penn State University).

Résumé scientifique

L'article d'Astronoo présente les Céphéides, des étoiles évoluées pulsantes dont l'éclat varie de façon périodique, en lien avec des oscillations de taille et de température. La relation période-luminosité, publiée en 1912 à partir des travaux d'Henrietta Swan Leavitt (1868-1921), permet de déduire leur luminosité intrinsèque, donc leur distance. L'article décrit le mécanisme physique de l'instabilité de la zone d'ionisation de l'hélium (mécanisme κ), le cycle contraction-expansion, puis le rôle historique des Céphéides dans la preuve que les nébuleuses spirales sont des galaxies externes (observations d'Edwin Hubble en 1923-1925). Il fait aussi le point sur les étalonnages récents, avec Gaia et le télescope spatial James-Webb, et sur la place des Céphéides dans la tension sur la constante de Hubble. Enfin, RS Puppis illustre ces pulsations grâce aux observations de Hubble.

Pourquoi les Céphéides pulsent-elles ?

Un moteur caché dans l'enveloppe de l'étoile

Les Céphéides sont des étoiles variables dont l'éclat augmente et diminue selon un rythme régulier, d'environ un jour à plus de deux mois. Leur pulsation tient à leur structure interne. Dans une couche de l'enveloppe, l'hélium est partiellement ionisé. Lorsque l'étoile se contracte, cette zone devient plus opaque et retient l'énergie, ce qui pousse l'enveloppe vers l'extérieur. En se dilatant, l'étoile se refroidit, l'hélium se recombine, l'opacité diminue, l'énergie s'échappe et l'étoile retombe. Le cycle recommence avec une grande régularité.

Une horloge qui révèle la luminosité

La durée de la période est directement liée à la luminosité intrinsèque de l'étoile : plus la période est longue, plus la Céphéide est lumineuse. Cette relation période-luminosité, publiée en 1912 à partir des travaux d'Henrietta Swan Leavitt, a transformé les Céphéides en chandelles standard. En comparant sa luminosité apparente, observée depuis la Terre, à sa luminosité réelle, les astronomes déduisent sa distance.

Un rôle décisif dans l'histoire de la cosmologie

Cette méthode a permis à Edwin Hubble de montrer, entre 1923 et 1925, que la « nébuleuse » d'Andromède et d'autres nébuleuses spirales se trouvaient bien au-delà de la Voie lactée. Les Céphéides constituent ainsi le premier barreau de l'échelle des distances cosmiques reposant sur des chandelles standard, avant d'autres indicateurs comme les supernovae de type Ia. Aujourd'hui encore, leur observation avec Hubble et le télescope spatial James-Webb est au cœur de la mesure de l'expansion de l'Univers et du débat sur la tension de Hubble.

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Qu'est-ce qu'une Céphéide ?

Définition et rôle astronomique

Les Céphéides sont des étoiles variables pulsantes dont la luminosité varie périodiquement en raison de changements de leur taille et de leur température. Ces étoiles sont essentielles en astrophysique car elles permettent de mesurer les distances astronomiques, dans notre galaxie comme dans les galaxies proches, grâce à la relation période-luminosité. Cette relation a été découverte par l'astronome américaine Henrietta Swan Leavitt au début du XXe siècle. Le nom de ces étoiles vient de δ Cephei (delta Céphée), dans la constellation de Céphée, dont la variabilité a été découverte en 1784 par l'astronome britannique John Goodricke (1764-1786).

Deux grandes familles

Quelques Céphéides célèbres

Caractéristiques des Céphéides

Variabilité et relation période-luminosité

Ce que l'on observe au cours d'un cycle

Au cours d'un cycle, l'étoile change de taille, de température et donc de couleur. Elle passe d'un type spectral F (plus chaud) au maximum d'éclat à un type G (plus froid, comme le Soleil) au minimum. Ces étoiles sont des géantes ou des supergéantes jaunes.

Les méthodes de calcul des distances dans l'Univers

Le tableau suivant compare les principales méthodes de mesure des distances cosmiques. Il montre pourquoi les Céphéides occupent le premier barreau de l'échelle des distances extragalactiques : elles prolongent la parallaxe stellaire et servent à calibrer les indicateurs plus lointains.

Comparaison des principales méthodes de calcul des distances dans l'Univers
MéthodeDomaine de validitéPrincipeCe que l'on mesureLimites principalesPlace dans l'échelle des distances
Parallaxe stellaireQuelques parsecs à quelques kiloparsecsDéplacement apparent d'une étoile sur le ciel au cours de l'orbite terrestreAngle de parallaxePrécision limitée au-delà de la Voie lactéeBase géométrique qui calibre les premiers barreaux
CéphéidesQuelques kiloparsecs à plusieurs dizaines de mégaparsecsRelation période-luminosité : période longue = étoile intrinsèquement plus lumineusePériode de pulsation et magnitude apparenteNécessite une calibration précise ; confusion possible avec d'autres variablesPremier barreau extragalactique : relie la parallaxe aux galaxies proches
RR LyraeVoie lactée et galaxies prochesRelation période-luminosité plus étroite, étoiles plus vieillesPériode et magnitude apparenteMoins lumineuses que les CéphéidesBarreau complémentaire pour les amas globulaires et les galaxies naines
Supernovae de type IaJusqu'à plusieurs centaines de mégaparsecsExplosion thermonucléaire d'une naine blanche, luminosité maximale standardisableCourbe de lumière et magnitude apparenteÉvénements rares ; calibration dépendante des CéphéidesBarreau lointain, calibré par les Céphéides
Tully-FisherGalaxies spirales lointainesCorrélation entre vitesse de rotation et luminosité de la galaxieLargeur des raies spectrales et magnitude apparenteDispersion importante ; dépend du type de galaxieBarreau indépendant pour les grandes échelles
Loi de HubbleTrès grandes distances cosmologiquesVitesse de récession proportionnelle à la distanceDécalage vers le rouge et constante de HubbleNécessite une calibration absolueDernier barreau, calibré par les précédents

La découverte de Henrietta Swan Leavitt

Des plaques photographiques des Nuages de Magellan

Henrietta Swan Leavitt travaillait à l'observatoire de Harvard, où elle examinait des plaques photographiques des Nuages de Magellan, prises notamment depuis la station d'Arequipa, au Pérou. En 1908, elle publie un catalogue de 1 777 étoiles variables dans les deux Nuages, dont plusieurs dizaines de Céphéides. En 1912, un court article, signé par Edward Pickering mais « préparé par Miss Leavitt », donne les périodes de 25 Céphéides du Petit Nuage de Magellan. Sa découverte fondamentale est la relation période-luminosité : les étoiles dont la période de variation est plus longue sont intrinsèquement plus brillantes.

De l'échelle relative aux distances absolues

Les étoiles du Petit Nuage étant à peu près à la même distance de nous, leurs éclats apparents reflétaient leurs luminosités relatives. Leavitt n'a pas pu déterminer les distances absolues de ces étoiles, mais elle a fourni une échelle relative extrêmement précise. Il restait à en fixer le point zéro. Dès 1913, Ejnar Hertzsprung a tenté de le calibrer à partir de Céphéides de la Voie lactée, puis Harlow Shapley a affiné cet étalonnage en 1918. Cela a ouvert la voie à l'estimation des distances des galaxies et à la compréhension de l'échelle de l'Univers.

Physique des Céphéides

Des étoiles évoluées dans la bande d'instabilité

Les Céphéides classiques sont des étoiles évoluées, de masse intermédiaire à élevée (de l'ordre de 4 à 20 masses solaires). Elles ont quitté la séquence principale du diagramme de Hertzsprung-Russell (graphique qui relie la luminosité intrinsèque des étoiles à leur température de surface) et traversent la bande d'instabilité, une région étroite du diagramme où l'enveloppe devient capable d'entretenir des pulsations radiales. Dans ce type de pulsation, l'étoile reste sphérique et gonfle puis se contracte en bloc.

Instabilité de la zone de l'hélium (mécanisme κ)

La variabilité des Céphéides est due à un processus appelé « instabilité de la zone de l'hélium ». Dans certaines couches de ces étoiles, l'hélium est partiellement ionisé (He+ et He2+ coexistent), ce qui affecte la transparence à la chaleur (opacité). On parle aussi de mécanisme κ, du nom de la lettre grecque qui désigne l'opacité. L'idée que ces étoiles pulsent, plutôt que d'être des étoiles doubles, s'impose dans les années 1910 avec les travaux de Shapley et d'Eddington. L'identification de la zone d'ionisation de l'hélium comme moteur de la pulsation date des années 1950-1960.

Cycle contraction-expansion

Régularité des pulsations

Ce cycle pulsatoire est très régulier, ce qui permet la relation précise entre la période et la luminosité. Comme pour la note d'un instrument de musique, la période dépend de la taille de l'étoile : elle varie comme l'inverse de la racine carrée de sa densité moyenne (P ∝ ρ−1/2).

Pourquoi la période donne-t-elle la luminosité ?

La bande d'instabilité couvre un intervalle de température étroit. La luminosité d'une Céphéide dépend donc surtout de son rayon, lui-même relié à sa masse par l'évolution stellaire. Une étoile plus lumineuse est plus grande, donc moins dense en moyenne, donc plus lente à pulser. C'est ce qui relie la période à la luminosité.

Importance de la découverte

Hubble et les galaxies extérieures

À l'observatoire du mont Wilson, avec le télescope de 2,5 m, Edwin Hubble (1889-1953) repère en octobre 1923 une Céphéide (baptisée V1) sur une plaque photographique de la « nébuleuse » d'Andromède. Grâce à la relation période-luminosité, il obtient une distance d'environ 900 000 années-lumière, bien supérieure aux dimensions admises alors pour la Voie lactée. Des Céphéides observées dans M33 et NGC 6822 confirment le résultat. Ses conclusions, présentées à l'American Astronomical Society le 1er janvier 1925 et publiées la même année, démontrent que certaines nébuleuses spirales sont en réalité des galaxies extérieures à la Voie lactée. Cette découverte a changé notre compréhension de l'Univers, montrant qu'il est beaucoup plus vaste qu'on ne le pensait.

Baade et le doublement des distances

En 1952, l'astronome Walter Baade montre qu'il existe deux populations de Céphéides, qui obéissent à des relations période-luminosité différentes. Cette correction multiplie par environ deux les distances aux galaxies extérieures. Andromède se trouve aujourd'hui à environ 2,5 millions d'années-lumière.

Étalonner les Céphéides : de Gaia au télescope James-Webb

Gaia et le point zéro

Pour que la relation période-luminosité donne des distances absolues, il faut connaître la luminosité réelle de Céphéides proches, donc leurs distances géométriques. Les parallaxes du satellite Gaia de l'ESA servent à cet étalonnage dans la Voie lactée. La troisième publication de données (Gaia DR3, juin 2022) contient des courbes de lumière pour 15 006 Céphéides de tous types : 5 221 dans le champ de la Voie lactée et ses petits satellites, 4 663 dans le Grand Nuage de Magellan, 4 616 dans le Petit Nuage, 321 dans la galaxie d'Andromède (M31) et 185 dans la galaxie du Triangle (M33). Parmi elles, 474 sont probablement de nouvelles Céphéides découvertes par Gaia.

Trois ancrages géométriques

Pour fixer le point zéro, l'équipe SH0ES combine trois références géométriques : les parallaxes de Gaia pour les Céphéides de la Voie lactée, les masers de la galaxie NGC 4258 et les binaires à éclipses du Grand Nuage de Magellan.

Cartographier la Voie lactée

Les Céphéides classiques, jeunes et très lumineuses, permettent aussi de cartographier la Voie lactée. Le relevé OGLE en a placé environ 2 400 sur une carte de notre Galaxie. Il a aussi identifié en 2024 la Céphéide galactique de plus longue période connue, OGLE-GD-CEP-1884, avec 78,14 jours, à environ 4,5 kiloparsecs. Elle dépasse d'une dizaine de jours l'ancien record, détenu par S Vulpeculae.

Le télescope James-Webb teste l'encombrement

Dans les galaxies lointaines, l'image d'une Céphéide se mélange à celle des étoiles voisines. Ce phénomène d'encombrement (crowding) pourrait fausser sa luminosité, donc sa distance. Dans le proche infrarouge, où l'absorption par la poussière est faible, la résolution du télescope spatial James-Webb est environ 2,5 fois meilleure que celle de Hubble. Sur plus de 1 000 Céphéides observées dans NGC 4258 et cinq galaxies hôtes de supernovae, l'écart moyen entre les mesures de Hubble et de Webb est de −0,01 ± 0,03 magnitude (Riess et al. 2024). Ce résultat écarte l'encombrement comme explication de la tension de Hubble, à environ 8 σ. En 2025, l'observation d'une galaxie hôte presque dépourvue d'étoiles de fond (NGC 3447) a confirmé l'absence de biais. Webb réduit aussi la dispersion de la relation période-luminosité.

Les Céphéides et la tension sur la constante de Hubble

Deux valeurs qui ne concordent pas

La constante de Hubble, notée H0, mesure le taux d'expansion actuel de l'Univers. Étalonnée avec des Céphéides puis des supernovae de type Ia, l'équipe SH0ES obtient H0 = 73,04 ± 1,04 km s−1 Mpc−1 (Riess et al. 2022). Le fond diffus cosmologique observé par le satellite Planck, interprété avec le modèle ΛCDM, donne H0 = 67,4 ± 0,5. L'écart, d'environ 8 %, atteint près de 5 σ : c'est la tension de Hubble.

Les résultats récents avec James Webb (télescope spatial)

L'équipe SH0ES a publié en 2025 de nouveaux résultats. Avec des Céphéides observées par Webb dans 19 galaxies hôtes de 24 supernovae de type Ia, elle trouve H0 = 73,49 ± 0,93. En y ajoutant des calibrations par la pointe de la branche des géantes rouges (TRGB), elle obtient 73,18 ± 0,88.

Le programme Chicago-Carnegie Hubble (CCHP) de Wendy Freedman aboutit à d'autres valeurs. Avec la seule méthode de la pointe de la branche des géantes rouges (TRGB) et 24 supernovae calibratrices, il obtient H0 = 70,39 ± 1,22 (statistique) ± 1,33 (systématique) ± 0,70 (supernovae). Avec les seules données Webb, la méthode TRGB donne 68,81 ± 1,79 ± 1,32, et celle des étoiles carbonées de la branche asymptotique des géantes (JAGB) donne 67,80 ± 2,17 ± 1,64. Ses auteurs jugent ces résultats compatibles avec le modèle ΛCDM, sans physique nouvelle. Ils notent aussi que les distances TRGB et JAGB s'accordent à mieux que 1 %, et avec les distances des Céphéides de SH0ES à un peu plus de 1 % près.

Les sources d'incertitude à surveiller

N.B. :
Ce domaine évolue très vite. Les valeurs ci-dessus sont celles publiées à la date de mise à jour de cet article et le débat n'est pas tranché.

RS Puppis, une Céphéide entourée d'échos de lumière

Un montage à partir des observations de Hubble

Ce montage vidéo a été réalisé à partir des observations du télescope spatial Hubble. Il montre les pulsations de l'étoile variable RS Puppis et son environnement d'épais nuages de poussière sombres. RS Puppis est une Céphéide de la constellation de la Poupe (Puppis). Les observations de Hubble ont été prises sur une période de cinq semaines en 2010, afin de capturer l'étoile à différents stades de son cycle de 41,4 jours. Son éclat varie d'un facteur proche de cinq. La courte vidéo est répétée plusieurs fois pour montrer plus clairement le mécanisme d'écho de lumière.

Les pulsations de RS Puppis sont un exemple saisissant d’un phénomène appelé écho lumineux, où la lumière semble résonner à travers l’environnement brumeux autour de l’étoile.
Source image : NASA, ESA, and the Hubble Heritage Team (STScI/AURA)-Hubble/Europe Collaboration (nouvelle fenêtre).

Qu'est-ce qu'un écho de lumière ?

La poussière qui entoure RS Puppis permet d'observer avec une clarté étonnante un phénomène connu sous le nom d'écho de lumière. À chaque maximum d'éclat, une vague de lumière se propage dans la nébuleuse. La lumière réfléchie par des couches de poussière plus éloignées parcourt un trajet plus long et arrive plus tard sur Terre. Cet écho crée l'illusion de nuages de gaz en expansion à partir de RS Puppis, alors qu'aucune matière ne se déplace ainsi. C'est un peu l'équivalent lumineux d'un écho sonore.

Une distance mesurée par l'écho, puis rediscutée

En 2008, Pierre Kervella et ses collègues ont utilisé les échos de lumière, observés avec le télescope NTT de l'ESO, pour proposer une distance purement géométrique de 6500 ± 90 années-lumière, présentée comme la plus précise jamais obtenue pour une Céphéide. En 2009, Howard Bond et William Sparks ont contesté cette valeur. Elle supposait que les zones de poussière étaient situées près du plan du ciel, alors que la diffusion favorise la lumière émise vers l'avant et place surtout la poussière observée devant l'étoile. Des images polarimétriques de Hubble, prises en 2010 et analysées en 2014, ont conduit à une distance de 1 910 ± 80 parsecs, soit environ 6 200 années-lumière. Cette valeur est compatible avec d'autres méthodes.

N.B. :
La valeur de 6500 ± 90 années-lumière, souvent citée, est donc à manier avec prudence : elle affichait une précision de 1,4 %, alors que la mesure polarimétrique de 2014 annonce une incertitude d'environ 4 %.

De l'éclat à la distance : l'exemple de RS Puppis

La distance d (en parsecs) se déduit de la magnitude apparente m, corrigée de l'absorption interstellaire A, et de la magnitude absolue M : m − A − M = 5 log10(d) − 5. Pour RS Puppis, la magnitude apparente moyenne dans le visible est de 7,12. L'absorption interstellaire vaut environ 1,4 magnitude et la magnitude absolue visuelle est d'environ −5,70. On obtient un module de distance de 11,40, soit d ≈ 1 900 parsecs.

N.B. :
Ici, la magnitude absolue est elle-même déduite de la distance géométrique mesurée grâce aux échos de lumière. L'exercice illustre la logique du calcul. Il montre surtout que RS Puppis se place, à environ 1 σ près, sur la relation période-luminosité établie avec d'autres Céphéides.

Une Céphéide massive, mais éphémère dans sa nébuleuse

RS Puppis est l'une des Céphéides les plus lumineuses de la Voie lactée, avec une période de 41,5 jours. C'est la seule Céphéide galactique connue à être plongée dans une grande nébuleuse de réflexion. Cette poussière n'a pas été éjectée par l'étoile : c'est un nuage interstellaire que la Céphéide traverse. Sa forte luminosité pourrait, d'ici quelques millions d'années, dissiper la poussière voisine et faire disparaître les échos de lumière.

Connaître avec exactitude la distance d'une telle étoile est important, car les Céphéides servent de marqueur (chandelle standard) pour les distances au sein de notre galaxie et des galaxies proches.

Références

FAQ : Tout savoir sur les Céphéides

Qu'est-ce qu'une Céphéide ?

Une Céphéide est une étoile variable pulsante dont la luminosité varie régulièrement. Sa période de variation est directement liée à sa luminosité intrinsèque, ce qui en fait un outil de mesure des distances cosmiques.

Pourquoi les Céphéides pulsent-elles ?

Leurs pulsations proviennent de l'instabilité de la zone de l'hélium. Quand l'étoile se contracte, l'hélium partiellement ionisé augmente l'opacité, retient l'énergie et fait gonfler l'étoile. Quand elle s'étend, elle refroidit, l'opacité baisse et le cycle recommence.

Pourquoi la période est-elle liée à la luminosité ?

La période dépend de la densité moyenne de l'étoile. Une Céphéide plus lumineuse est plus grande, donc moins dense, donc plus lente à pulser. Sa période est alors plus longue.

Comment la relation période-luminosité mesure-t-elle les distances ?

En observant la période d'une Céphéide, on déduit sa magnitude absolue. En comparant cette luminosité réelle à sa luminosité apparente, on calcule sa distance. La relation est étalonnée grâce à des mesures géométriques, comme les parallaxes de Gaia. Cette méthode est l'un des premiers barreaux de l'échelle des distances cosmiques.

Qui a découvert la relation période-luminosité ?

La relation a été mise en évidence par l'astronome américaine Henrietta Swan Leavitt et publiée en 1912, grâce à l'étude d'étoiles variables dans les Nuages de Magellan.

Quelle différence entre une Céphéide classique et une Céphéide de type II ?

Les Céphéides classiques sont des étoiles jeunes, massives et très lumineuses. Les Céphéides de type II sont plus vieilles, moins massives et moins lumineuses. Elles suivent une relation période-luminosité différente.

Quelle est la Céphéide la plus proche de nous ?

C'est l'étoile Polaire (Polaris), à quelque 430 années-lumière. Sa période est d'environ quatre jours et ses variations d'éclat sont très faibles.

Les Céphéides sont-elles encore utilisées aujourd'hui ?

Oui. Elles restent essentielles pour calibrer les distances dans la Voie lactée et les galaxies proches, et pour vérifier les mesures du taux d'expansion de l'Univers avec les télescopes spatiaux Hubble et James-Webb, ainsi que d'autres observatoires.

Qu'est-ce que la tension de Hubble ?

C'est le désaccord entre la valeur de la constante de Hubble mesurée dans l'Univers proche avec les Céphéides et les supernovae (environ 73 km/s/Mpc) et celle déduite du fond diffus cosmologique avec le modèle ΛCDM (environ 67 km/s/Mpc). D'autres méthodes, comme celle du programme Chicago-Carnegie, donnent des valeurs intermédiaires. Le débat reste ouvert.

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