Cet article présente un inventaire des étoiles les plus extrêmes de la Voie lactée et de ses galaxies satellites, classées par masse, taille et luminosité. L'étoile la plus massive connue est BAT99-98 (~226 masses solaires), suivie de près par R136a1 (~196 masses solaires, environ 4,7 millions de fois la luminosité du Soleil), toutes deux situées dans le Grand Nuage de Magellan. L'étoile la plus grande connue est Stephenson 2-18 (~2 150 rayons solaires), une supergéante rouge dont le rayon engloberait l'orbite de Saturne ; UY Scuti, longtemps considérée comme la plus grande, a vu son rayon revu nettement à la baisse (~755-900 rayons solaires) après correction de sa distance. Les étoiles les plus lumineuses, dominées par les types O, Wolf-Rayet et LBV, atteignent plusieurs millions de luminosités solaires. Ces géantes sont éphémères (quelques millions d'années), perdent leur masse par vents stellaires intenses et finissent en supernova, parfois en hypernova, enrichissant le milieu interstellaire en éléments lourds.
La Voie lactée et ses galaxies satellites abritent des étoiles extrêmes qui repoussent les limites de l'astrophysique. L'étoile la plus massive connue est BAT99-98, avec environ 226 masses solaires, suivie de près par R136a1 (~196 masses solaires, environ 4,7 millions de fois la luminosité du Soleil). Ces géantes, de type spectral O ou Wolf-Rayet, naissent dans des pouponnières stellaires denses et consomment leur carburant en quelques millions d'années seulement, avant de s'effondrer en étoile à neutrons ou en trou noir, parfois accompagné d'un sursaut gamma selon le scénario du collapsar, produisant alors une explosion exceptionnellement énergétique appelée hypernova. L'étoile la plus grande est Stephenson 2-18, une supergéante rouge dont le rayon (~2 150 rayons solaires) engloberait l'orbite de Saturne si elle remplaçait le Soleil ; UY Scuti, longtemps considérée comme la plus grande, a vu son rayon revu nettement à la baisse (~755-900 rayons solaires) après correction de sa distance. D'autres supergéantes comme VY Canis Majoris ou Bételgeuse sont également célèbres pour leur taille colossale. Enfin, les étoiles les plus lumineuses, dominées par les variables lumineuses bleues (LBV) comme Eta Carinae (~5 millions de L☉), émettent une énergie prodigieuse dans l'ultraviolet. Ces géantes jouent un rôle crucial dans l'enrichissement chimique de l'Univers en dispersant les éléments lourds (carbone, oxygène, fer) lors de leur explosion, avant de disparaître en laissant derrière elles des trous noirs ou des étoiles à neutrons.
Les étoiles les plus massives sont des astres instables, nées dans des pouponnières stellaires très riches en gaz. Leur masse, exprimée en masses solaires (M☉), dépasse couramment 100 fois celle du Soleil, certaines approchant ou dépassant 200 M☉. Elles perdent une part importante de cette masse au cours de leur existence, sous l'effet de vents stellaires extrêmement rapides et denses. Ces étoiles appartiennent aux types spectraux O, Wolf-Rayet (WR) ou variable bleue lumineuse (LBV), et ne vivent que quelques millions d'années, une durée très courte comparée aux dix milliards d'années du Soleil, en raison de leur consommation rapide d'hydrogène. Leur évolution s'achève le plus souvent par l'effondrement du cœur en étoile à neutrons ou en trou noir, accompagné d'une supernova à effondrement de cœur (type Ib ou Ic). Dans certains cas, cet effondrement peut s'accompagner d'un sursaut gamma, selon le scénario dit du collapsar, produisant une explosion particulièrement énergétique appelée hypernova.
Ces étoiles jouent un rôle majeur dans l'évolution des galaxies et l'enrichissement du milieu interstellaire en éléments lourds. Par fusion nucléaire, elles synthétisent des éléments allant du carbone au fer, qu'elles dispersent ensuite dans l'espace lors de leur explosion, alimentant ainsi la formation de nouvelles générations d'étoiles et de planètes.
| Rang | Nom de l’étoile | Masse (~M☉) | Distance (al) | Galaxie / Région | Constellation |
|---|---|---|---|---|---|
| 1 | BAT99-98 | ~226 | 163 000 | Grand Nuage de Magellan | Dorade (Dorado) |
| 2 | R136a1 | ~196 (170-230) | 163 000 | Grand Nuage de Magellan | Dorade (Dorado) |
| 3 | WR 102ka (Peony Nebula Star) | ~150-200 | 26 000 | Voie lactée | Sagittaire |
| 4 | R136c | ~140 | 163 000 | Grand Nuage de Magellan | Dorade (Dorado) |
| 5 | R136a2 | ~130 | 163 000 | Grand Nuage de Magellan | Dorade (Dorado) |
| 6 | NGC 3603-A1 | ~120 | 20 000 | Voie lactée | Carène (Carina) |
| 7 | HD 93129A | ~110 | 7 500 | Voie lactée | Carène (Carina) |
| 8 | WR 25 | ~100 | 7 500 | Voie lactée | Carène (Carina) |
| 9 | Eta Carinae | ~100 | 7 500 | Voie lactée | Carène (Carina) |
| 10 | WR 20a | ~83 (chaque composant) | 20 000 | Voie lactée | Carène (Carina) |
| 11 | VFTS 682 | ~82 | 163 000 | Grand Nuage de Magellan | Dorade (Dorado) |
| 12 | LBV 1806-20* | ~36 | 28 000 | Voie lactée | Sagittaire |
* La masse de LBV 1806-20 a été fortement révisée à la baisse depuis la correction de sa distance (étude Gemini 2018, passant d’environ 15 000 pc à ~8 700 pc). Elle ne se classe donc plus véritablement parmi les étoiles les plus massives connues ; elle est conservée ici par cohérence historique, mais pourrait être remplacée par R136a3 (~155 M☉) ou Melnick 42 (~189 M☉), deux candidates plus solides du même amas R136.
Sources:
• Kalari, V. M. et al. (2022), « The R136 Star Cluster Dissected with Gemini/GeMS », https://arxiv.org/abs/2208.10432
• Crowther, P. A., R136a1 FAQs, University of Sheffield, https://pacrowther.sites.sheffield.ac.uk/r136a1-faqs
• Wikipédia, « BAT99-98 », https://en.wikipedia.org/wiki/BAT99-98
• Wikipédia, « R136c », https://fr.wikipedia.org/wiki/R136c
• Wikipédia, « NGC 3603 A1 », https://fr.wikipedia.org/wiki/NGC_3603_A1
• Wikipédia, « LBV 1806−20 », https://en.wikipedia.org/wiki/LBV_1806%E2%88%9220
• Space.com, « What Is the Most Massive Star? », https://www.space.com/41313-most-massive-star.html
• Astronoo, « Giants of the Milky Way », https://astronoo.com/en/articles/giants-of-the-milky-way.html
Ces étoiles sont définies par leur rayon colossal, mesuré en rayons solaires (R☉). Elles sont souvent des supergéantes rouges ou des hypergéantes, avec des atmosphères si diluées que leur bord devient flou. Si une telle étoile remplaçait notre Soleil, sa surface engloberait au minimum l'orbite de Jupiter, voire celle de Saturne pour les plus grandes.
Les étoiles les plus grandes finissent en supernova (parfois en hypernova), laissant derrière elles un trou noir ou une étoile à neutrons. Certaines pourraient même produire des sursauts gamma lors de leur effondrement. Ces étoiles sont des monstres cosmiques, mais éphémères, qui jouent un rôle clé dans l'enrichissement de l'Univers en éléments lourds avant leur disparition spectaculaire.
| # | Nom | Rayon (R☉) | Distance (al) | Constellation |
|---|---|---|---|---|
| 1 | Stephenson 2-18 | ~2 150 | 19 000 | Écu de Sobieski (Scutum) |
| 2 | WOH G64 | ~800 à 2 000 (débattu) | 163 000 | Dorade (Dorado) |
| 3 | RW Cephei | ~1 650 | 11 500 | Céphée (Cepheus) |
| 4 | NML Cygni | ~1 640 | 5 300 | Cygne (Cygnus) |
| 5 | V354 Cephei | ~1 520 | 9 000 | Céphée (Cepheus) |
| 6 | VY Canis Majoris | ~1 420 | 3 900 | Grand Chien (Canis Major) |
| 7 | KY Cygni | ~1 420 | 5 000 | Cygne (Cygnus) |
| 8 | AH Scorpii | ~1 411 | 3 300 | Scorpion (Scorpius) |
| 9 | VX Sagittarii | ~1 350 | 5 100 | Sagittaire (Sagittarius) |
| 10 | Mu Cephei | ~1 260 | 6 000 | Céphée (Cepheus) |
| 11 | V838 Monocerotis | ~1 570 (éruption 2002) | 20 000 | Licorne (Monoceros) |
| 12 | UY Scuti | ~755-900 (révision Gaia) | 9 500 | Écu de Sobieski (Scutum) |
| 13 | Bételgeuse | ~887 | 642 | Orion |
La luminosité d'une étoile, mesurée en luminosité solaire (L☉), dépend de sa température et de sa taille selon la loi de Stefan-Boltzmann. Certaines étoiles émettent plusieurs millions de fois la luminosité solaire, dominées par les étoiles de type O et les variables lumineuses bleues (LBV). Elles représentent une infime fraction des étoiles (ex. : les étoiles de type O comptent parmi les plus rares, de l'ordre de quelques millionièmes de la population stellaire totale).
| # | Nom | Luminosité (L☉) | Distance (al) | Constellation | Type |
|---|---|---|---|---|---|
| 1 | BAT99-98 | ~5 000 000 | 163 000 | Dorade (Dorado) | Wolf-Rayet |
| 2 | Eta Carinae | ~5 000 000 | 7 500 | Carène (Carina) | LBV |
| 3 | R136a1 | ~4 700 000 | 163 000 | Dorade (Dorado) | Wolf-Rayet |
| 4 | R136c | ~3 800 000 | 163 000 | Dorade (Dorado) | Wolf-Rayet |
| 5 | WR 102ka | ~3 200 000 | 26 000 | Sagittaire (Sagittarius) | Wolf-Rayet |
| 6 | HD 93129A | ~2 500 000 | 7 500 | Carène (Carina) | O |
| 7 | WR 25 | ~2 400 000 | 7 500 | Carène (Carina) | Wolf-Rayet |
| 8 | HD 269810 | ~2 200 000 | 163 000 | Dorade (Dorado) | O |
| 9 | VFTS 682 | ~2 100 000 | 163 000 | Dorade (Dorado) | Wolf-Rayet |
| 10 | NGC 3603-A1 | ~2 000 000 | 20 000 | Carène (Carina) | Wolf-Rayet |
| 11 | LBV 1806-20 | ~2 000 000 | 29 000 | Sagittaire (Sagittarius) | LBV |
| 12 | WR 20a | ~1 700 000 | 20 000 | Carène (Carina) | Wolf-Rayet |
L'étoile la plus massive connue est BAT99-98, avec une masse estimée à environ 226 masses solaires (M☉). Elle est talonnée par R136a1 (~196 M☉), longtemps considérée comme la championne toutes catégories avant une révision à la baisse en 2022. Les deux étoiles sont situées à 163 000 années-lumière dans le Grand Nuage de Magellan, une galaxie satellite de la Voie lactée, dans la constellation de la Dorade (Dorado), et font toutes deux partie de la même région du Nébuleuse de la Tarentule.
L'étoile la plus grande actuellement connue est Stephenson 2-18, une supergéante rouge située à environ 19 000 années-lumière dans la constellation de l'Écu de Sobieski (Scutum). Son rayon est estimé à environ 2 150 rayons solaires (R☉) ; si elle remplaçait le Soleil, sa surface engloberait l'orbite de Saturne. UY Scuti, longtemps considérée comme la plus grande étoile connue avec un rayon de ~1 700 R☉, a vu cette estimation revue nettement à la baisse (~755-900 R☉) après correction de sa distance grâce aux données du satellite Gaia. D'autres supergéantes comme VY Canis Majoris (~1 420 R☉) ou Bételgeuse (~887 R☉) restent également célèbres pour leur taille colossale.
L'étoile la plus lumineuse connue est BAT99-98, avec une luminosité d'environ 5 millions de fois celle du Soleil (L☉), à égalité quasi certaine avec Eta Carinae (~5 millions de L☉ également), une variable lumineuse bleue (LBV) située à 7 500 années-lumière dans la constellation de la Carène (Carina). R136a1 suit de près avec environ 4,7 millions de L☉. Ces étoiles extrêmes émettent la majeure partie de leur énergie dans l'ultraviolet et sont parmi les objets les plus brillants de la Voie lactée et de ses galaxies satellites.
Les étoiles géantes ont une durée de vie très courte, de l'ordre de quelques millions d'années seulement, contre environ 10 milliards d'années pour le Soleil. Cette brièveté s'explique par leur consommation effrénée de carburant nucléaire : leur masse énorme génère des températures et des pressions dans le cœur qui accélèrent les réactions de fusion. Elles brûlent leur hydrogène, puis leur hélium, en quelques millions d'années, avant de s'effondrer en étoile à neutrons ou en trou noir, parfois accompagné d'une supernova particulièrement énergétique (hypernova).
Ces trois caractéristiques sont distinctes mais liées :
• Masse : quantité de matière, mesurée en masses solaires (M☉). Les étoiles les plus massives sont de type O ou Wolf-Rayet.
• Taille (rayon) : volume de l'étoile, mesuré en rayons solaires (R☉). Les supergéantes rouges ont des rayons colossaux mais des masses relativement modestes.
• Luminosité : énergie totale émise par seconde, mesurée en luminosités solaires (L☉). Elle dépend à la fois de la température et de la taille selon la loi de Stefan-Boltzmann (L ∝ R² × T⁴). Une étoile peut être très lumineuse sans être très massive (ex : les LBV), ou très grande sans être très massive (ex : les supergéantes rouges).
Les étoiles géantes jouent un rôle crucial dans l'évolution chimique de l'Univers :
• Elles produisent des éléments lourds (carbone, oxygène, silicium, fer) par fusion nucléaire dans leur cœur.
• Elles perdent beaucoup de masse via des vents stellaires intenses, enrichissant le milieu interstellaire en éléments légers.
• Leur explosion finale en supernova, parfois en hypernova, disperse ces éléments lourds dans l'espace, qui serviront à former de nouvelles générations d'étoiles, de planètes et, potentiellement, de vie.
• Leurs restes (trous noirs ou étoiles à neutrons) sont des objets compacts extrêmes qui continuent d'influencer leur environnement.
Le Grand Nuage de Magellan est une galaxie satellite de la Voie lactée, située à environ 163 000 années-lumière dans la constellation de la Dorade (Dorado). Cette galaxie est connue pour abriter des régions de formation stellaire très actives, comme l'amas R136 et la nébuleuse de la Tarentule, où naissent des étoiles extrêmement massives. La faible distance du Grand Nuage de Magellan (comparée aux autres galaxies) en fait un laboratoire idéal pour étudier les étoiles géantes, ce qui explique pourquoi plusieurs des étoiles les plus extrêmes (R136a1, R136c, BAT99-98) s'y trouvent.