La carte du ciel nocturne dans les déserts subtropicaux: constellations et objets célestes saison par saison
Le ciel nocturne depuis le désert d'Arabie, montrant la Voie lactée traversant le zénith.
L'absence totale de pollution lumineuse et l'air sec révèlent des milliers d'étoiles.
Les repères saisonniers y sont d'une clarté exceptionnelle.
Source image : astronoo.com (nouvelle fenêtre) — image générée par IA, domaine public.
Résumé scientifique
Les déserts subtropicaux (Sahara, Arabie, Sonora, Atacama, Gibson, Kalahari) offrent des conditions d'observation astronomique exceptionnelles grâce à l'air sec, la stabilité atmosphérique et l'absence de pollution lumineuse. Ce guide pratique décrit les repères célestes saisonniers pour s'orienter : l'Étoile Polaire dans l'hémisphère nord, la Croix du Sud dans l'hémisphère sud, et les constellations dominantes (Lion au printemps, Triangle d'été, Carré de Pégase en automne, Orion en hiver). La magnitude limite atteint 7,5, permettant de voir des galaxies (Andromède), des nébuleuses (Orion) et la Voie lactée avec des détails inaccessibles ailleurs.
Comment se repérer dans le ciel étoilé des déserts subtropicaux?
Dans les déserts subtropicaux (Sahara, Arabie, Sonora, Thar, Atacama, Gibson, Kalahari), l'absence de points de repère terrestres est compensée par un ciel d'une pureté exceptionnelle. Pour s'orienter, l'observateur utilise des repères célestes saisonniers: dans l'hémisphère nord, l'Étoile Polaire, trouvée en prolongeant la ligne des deux étoiles du bord de la Grande Ourse, indique le nord. Dans l'hémisphère sud, la Croix du Sud pointe vers le pôle sud céleste. Selon la saison, des constellations clés dominent le zénith: le Lion au printemps, le Triangle d'été (Véga, Deneb, Altaïr) en été, le Grand Carré de Pégase en automne, et Orion en hiver. La Voie lactée, les planètes brillantes et même des galaxies lointaines (Andromède) y sont visibles à l'œil nu grâce à l'air sec et à l'absence de pollution lumineuse.
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Pourquoi les déserts subtropicaux sont-ils des sanctuaires astronomiques ?
Les déserts subtropicaux, Sahara (Afrique), désert d'Arabie (Moyen-Orient), désert de Sonora (Amérique du Nord), désert de Gibson (Australie), désert de Thar (Inde), offrent les meilleures conditions d'observation astronomique à la surface de la Terre. Situés entre les latitudes 15° et 35° dans les deux hémisphères, ces vastes étendues arides cumulent des atouts uniques: plus de 300 nuits claires par an, une humidité atmosphérique inférieure à 20% (souvent 5-10% dans l'Atacama), une absence quasi-totale de pollution lumineuse, et une stabilité atmosphérique exceptionnelle (le seeing (qualité de l'air pour l'observation astronomique, mesurée par la turbulence et la transparence) y est parmi les meilleurs du monde).
Contrairement aux régions tempérées où l'observation est souvent gênée par les nuages et l'humidité, les déserts subtropicaux bénéficient d'un climat anticyclonique permanent. Depuis ces latitudes, l'observateur se trouve dans une position unique: à la fois proche de l'équateur pour voir la quasi-totalité du ciel boréal et austral, et suffisamment éloigné pour bénéficier de nuits de durée variable selon les saisons. La hauteur du pôle (hauteur angulaire du pôle céleste au-dessus de l'horizon, égale à la latitude du lieu) varie selon la latitude exacte: depuis le Sahara central (25° N), l'Étoile Polaire culmine à 25° de hauteur ; depuis le désert de Sonora (30° N), elle culmine à 30°.
Trouver les directions: l'Étoile Polaire, toujours présente
Dans l'hémisphère nord des déserts subtropicaux (Sahara, Arabie, Sonora, Thar), l'Étoile Polaire (étoile alpha de la Petite Ourse, distante d'environ 433 années-lumière, actuellement très proche du Pôle Nord céleste) (Polaris) reste le repère fondamental. Sa hauteur sur l'horizon, mesurée en degrés, est approximativement égale à la latitude de l'observateur: depuis le désert d'Arabie (20-25° N), elle culmine donc à environ 20-25° au-dessus de l'horizon nord. Cette hauteur modérée la rend facilement repérable, contrairement aux régions équatoriales où elle frôle l'horizon.
Pour la trouver, on utilise la Grande Ourse (les sept étoiles les plus brillantes de la Grande Ourse, formant un astérisme en forme de casserole) (Ursa Major), toujours visible à ces latitudes. Les deux étoiles du bord du "rectangle" de la casserole (Dubhé et Mérak) forment les "gardes": en prolongeant la ligne qu'elles tracent sur une distance environ cinq fois leur écartement, on tombe directement sur Polaris. Ce truc mnémotechnique fonctionne toute l'année, bien que la Grande Ourse soit plus basse sur l'horizon en automne.
Une fois le Nord identifié, l'orientation des autres points cardinaux découle immédiatement. Dans les déserts subtropicaux, l'absence de repères terrestres rend cette orientation céleste d'autant plus précieuse pour la navigation traditionnelle (caravanes, Bédouins, Touaregs, nomades du désert).
Les déserts australs: pôle sud sans étoile brillante
Pour les déserts subtropicaux de l'hémisphère sud (désert de Gibson en Australie, désert d'Atacama au Chili, désert du Kalahari en Afrique australe), l'absence d'étoile polaire brillante impose l'utilisation de la Croix du Sud (constellation la plus caractéristique de l'hémisphère sud, formée de quatre étoiles brillantes en forme de croix) (Crux). On prolonge son grand axe sur une distance environ 4,5 fois la longueur de la croix pour localiser le Pôle Sud céleste. À ces latitudes (20-35° S), la Croix du Sud est particulièrement haute dans le ciel, culminant entre 40° et 70° selon la saison, ce qui la rend plus facile à repérer que sous l'équateur.
Printemps boréal / automne austral (mars, avril, mai): le Lion au zénith
Au printemps dans l'hémisphère nord désertique, la Terre fait face à une région du ciel riche en galaxies. La constellation du Lion (Leo) culmine haut dans le ciel, avec son étoile principale Régulus (étoile alpha du Lion, géante bleue-blanche distante d'environ 79 années-lumière) marquant le bas du "point d'interrogation" inversé.
Plus à l'est, la constellation de la Vierge se signale par Spica (étoile alpha de la Vierge, géante bleue distante d'environ 250 années-lumière), étoile de couleur bleutée. Pour trouver Spica, on prolonge l'arc de la queue de la Grande Ourse: "Suivre l'arc jusqu'à Arcturus, puis poursuivre jusqu'à Spica" reste valable depuis les déserts nord-africains. Arcturus (étoile alpha du Bouvier, géante orange, l'une des plus brillantes du ciel boréal), dans le Bouvier, brille d'une teinte orangée caractéristique.
La Chevelure de Bérénice, visible à l'oeil nu dans un ciel désertique, forme une tache diffuse souvent confondue avec un nuage par les observateurs non avertis. C'est en réalité un amas ouvert d'étoiles réelles, l'un des rares visibles sans instrument. En se tournant vers le sud, les constellations australes (Centaurus, Crux) commencent à apparaître basses sur l'horizon pour les observateurs situés sous le tropique du Cancer.
Été boréal / hiver austral (juin, juillet, août): la Voie lactée zénithale
L'été est, dans les déserts subtropicaux nord, la saison de tous les superlatifs astronomiques. Les nuits sont courtes mais d'une pureté exceptionnelle, car l'air est le plus sec et le plus stable de l'année. Le Triangle d'été (astérisme formé par les trois étoiles les plus brillantes de l'été boréal: Véga (Lyre), Deneb (Cygne) et Altaïr (Aigle)) domine alors le zénith dans les déserts nord-africains et arabiques.
Ce triangle est formé par trois étoiles appartenant à trois constellations distinctes:
- Véga (alpha Lyrae): bleue, quasiment au zénith en juillet vers 22h depuis le Sahara, elle est l'étoile la plus brillante du Triangle d'été et la cinquième du ciel.
- Deneb (alpha Cygni): supergéante blanche, légèrement au nord-est de Véga, elle culmine haut dans le ciel ; malgré son éloignement extrême, elle rivalise en éclat avec les étoiles les plus proches.
- Altaïr (alpha Aquilae): blanche, la plus basse des trois, vers le sud en soirée d'été.
En été, la Voie lactée (la Galaxie dans laquelle se trouve le Système solaire, visible comme une bande laiteuse diffuse traversant le ciel) traverse le ciel du nord-est au sud, passant par le Triangle d'été. Dans l'obscurité absolue des déserts, loin de toute pollution lumineuse, elle apparaît comme un ruban argenté d'une luminosité et d'une richesse de détails inégalées. La constellation du Sagittaire, vers le sud, pointe en direction du centre galactique: la Théière (astérisme de huit étoiles du Sagittaire dont la disposition rappelle une théière, avec un bec verseur pointé vers la droite et une anse à gauche) est parfaitement visible, le bec semblant verser un flot de lumière dans la Voie lactée.
Pour les déserts australs (Gibson, Atacama, Kalahari), l'hiver est la saison reine, avec le centre galactique au zénith et les Nuages de Magellan bien placés.
Automne boréal / printemps austral (septembre, octobre, novembre): le Grand Carré de Pégase
L'automne installe un repère géométrique caractéristique: le Grand Carré de Pégase (astérisme formé par quatre étoiles brillantes des constellations de Pégase et d'Andromède, servant de point de départ pour localiser la galaxie d'Andromède). Ces quatre étoiles, presque également espacées, forment un grand rectangle bien visible au méridien vers 22h en octobre. L'intérieur du carré est remarquablement pauvre en étoiles à l'oeil nu, un contraste saisissant avec les champs d'étoiles denses de la Voie lactée estivale.
Depuis un coin nord-est du Carré, on remonte vers deux étoiles de la constellation d'Andromède, puis on bifurque vers le nord. Ce chemin mène à M31, la galaxie d'Andromède (la galaxie spirale la plus proche de la nôtre visible à l'oeil nu, à environ 2,5 millions d'années-lumière, désignée M31 ou NGC 224). Dans l'obscurité désertique, elle apparaît comme une tache ovale distincte, nettement plus étendue et lumineuse que sous les cieux pollués des villes. C'est l'objet le plus lointain que l'être humain puisse percevoir sans instrument.
L'automne est également la saison de Persée: son étoile principale Mirfak (alpha Persei) brille d'un éclat jaune-blanc bien visible, entourée d'un groupe d'étoiles plus faibles formant un amas perceptible comme une tache laiteuse. Algol (beta Persei), l'étoile variable à éclipses, est un objet d'observation fascinant dont la luminosité chute régulièrement en quelques heures, phénomène aisément observable en comparant son éclat à celui des étoiles voisines.
Hiver boréal / été austral (décembre, janvier, février): Orion, roi du ciel d'hiver
L'hiver offre le ciel le plus riche en étoiles brillantes de toute l'année dans les déserts subtropicaux nord. La constellation d'Orion (l'une des constellations les plus reconnaissables du ciel, visible en hiver boréal et la nébuleuse d'Orion (M42)) en est la pièce maîtresse, reconnaissable immédiatement grâce à sa ceinture: trois étoiles parfaitement alignées, Mintaka, Alnilam et Alnitak, visibles plein sud vers 22h en janvier à environ 50-60° de hauteur depuis le Sahara. Sous la ceinture, l'épée d'Orion contient une tache floue légèrement laiteuse: c'est la Nébuleuse d'Orion (M42) (région de formation stellaire active dans la constellation d'Orion, distante d'environ 1 344 années-lumière), particulièrement brillante dans l'air sec des déserts.
La ceinture pointe vers le bas-est en direction de Sirius (l'étoile la plus brillante du ciel nocturne distante de 8,6 années-lumière), l'étoile la plus brillante du ciel, et vers le haut-ouest en direction des Pléiades (amas ouvert d'étoiles jeunes dans le Taureau, à environ 444 années-lumière) (M45), un groupe serré d'étoiles bleutées parmi les plus beaux spectacles du ciel hivernal.
L'Hexagone d'hiver (astérisme hivernal formé par six étoiles brillantes: Sirius (Grand Chien), Procyon (Petit Chien), Pollux (Gémeaux), Capella (Cocher), Aldébaran (Taureau) et Rigel (Orion)) relie six étoiles toutes visibles à l'oeil nu, formant un grand cercle autour d'Orion:
- Sirius (Grand Chien): la plus brillante du ciel, bas vers le sud-est, blanc éclatant.
- Procyon (Petit Chien): légèrement au-dessus et à gauche de Sirius, blanc-jaune.
- Pollux (Gémeaux): vers le nord-est, teinte orangée reconnaissable.
- Capella (Cocher): presque au zénith en hiver dans les déserts subtropicaux, jaune vif.
- Aldébaran (Taureau): rouge-orangée, marque l'oeil du Taureau à l'ouest d'Orion.
- Rigel (Orion): bleue-blanche, au pied droit d'Orion vers le bas-ouest de la constellation.
Bételgeuse, l'épaule rouge d'Orion, se trouve au centre de cet hexagone: sa teinte orangée tranche nettement avec le blanc-bleu de Rigel, offrant un contraste de couleurs saisissant.
Spécificités des déserts australs (hémisphère sud)
Pour les déserts subtropicaux de l'hémisphère sud (Atacama, Gibson, Kalahari), les saisons sont inversées et les repères sont différents:
- Décembre-février (été austral): Orion est visible mais "renversé", le Diamant Austral (Sirius, Canopus, Hadar, Acrux) structure le ciel, les Nuages de Magellan sont bien placés.
- Juin-août (hiver austral): la Voie lactée est zénithale, le centre galactique (Sagittaire) culmine haut, la Croix du Sud est très brillante.
- Septembre-novembre (printemps austral): la galaxie d'Andromède est visible au nord, les constellations du Lion et de la Vierge dominent.
Ce que l'on peut voir à l'oeil nu dans les déserts
L'absence quasi-totale de pollution lumineuse et la transparence atmosphérique exceptionnelle des déserts subtropicaux permettent de voir des objets célestes invisibles ailleurs. La magnitude limite visuelle peut atteindre 7,5 dans les meilleurs sites (Atacama, Sahara central), soit plus de 5 000 étoiles visibles à l'oeil nu (contre 2 000 dans un ciel rural européen).
| Saison (hémisphère nord) | Objet | Nom courant | Type | Constellation | Particularité désertique |
|---|---|---|---|---|---|
| Printemps | M44 | Ruche (Praesepe) | Amas ouvert | Cancer | Tache laiteuse très distincte, étoiles individuelles résolvables à l'oeil nu |
| Printemps | M3 | Amas globulaire d'Hercule | Amas globulaire | Hercule | Visible comme une tache floue, rare à l'oeil nu |
| Été | Voie lactée | Centre galactique | Galaxie (vue de l'intérieur) | Sagittaire | Ruban aux détails complexes (nébuleuses sombres, renflements) visible à l'oeil nu |
| Été | M8 + M20 | Nébuleuses de la Lagune et Trifide | Nébuleuses en émission | Sagittaire | Deux taches floues distinctes près de la Théière |
| Automne | M31 | Galaxie d'Andromède | Galaxie spirale | Andromède | Tache ovale allongée de 3° de long, noyau visible |
| Automne | M33 | Galaxie du Triangle | Galaxie spirale | Triangle | Visible à l'oeil nu dans l'air sec des déserts (magnitude 5,7) |
| Hiver | M42 | Nébuleuse d'Orion | Nébuleuse en émission | Orion | Structure détaillée, couleur verdâtre perceptible |
| Hiver | M45 | Pléiades | Amas ouvert | Taureau | Jusqu'à 12 étoiles discernables à l'oeil nu |
| Toute l'année (hémisphère nord) | Grande Ourse | Constellation circumpolaire | Constellation | Ursa Major | Toujours visible, repère permanent |
| Toute l'année (hémisphère sud) | Croix du Sud + Nuages de Magellan | Repères australs | Constellation + galaxies naines | Crux, Dorade, Toucan | Toujours visibles dans les déserts australs |
Les planètes: des éclats renforcés par l'air sec
Dans les déserts subtropicaux, l'air sec et stable amplifie la luminosité apparente des planètes et réduit leur scintillation. Jupiter et Vénus peuvent y projeter des ombres visibles sur le sol désertique les nuits sans Lune. Saturne apparaît d'une netteté remarquable, ses anneaux étant parfois devinés à l'oeil nu par des observateurs expérimentés. Mars lors de ses oppositions (environ tous les 26 mois) révèle une teinte orangée intense.
Les planètes crépusculaires (planètes inférieures, toujours proches du Soleil dans le ciel) (Mercure, Vénus) sont particulièrement bien visibles dans les déserts car l'horizon y est dégagé et le crépuscule court (proche de l'équateur, la nuit tombe vite). On peut observer Vénus en plein jour en regardant du côté du Soleil levant avant son lever, ou du côté du Soleil couchant après son coucher.
Phénomènes uniques dans les déserts
Les déserts subtropicaux offrent des conditions privilégiées pour certains phénomènes astronomiques:
- La lumière zodiacale: une lueur conique visible à l'ouest après le coucher du Soleil (ou à l'est avant le lever) dans les déserts sans pollution lumineuse. Causée par la réflexion du Soleil sur la poussière interplanétaire.
- Le gegenschein: une tache de lumière très faible opposée au Soleil, visible uniquement dans les cieux les plus sombres des déserts.
- Les éclipses solaires: les déserts subtropicaux (Sahara, Arabie, Atacama) sont parmi les meilleurs endroits pour observer les éclipses totales, avec un risque de nuages quasi nul.
- Les pluies de météores: les Perséides (août), Géminides (décembre) et Léonides (novembre) y atteignent leurs taux horaires maximaux.
Tableau récapitulatif: repères saisonniers dans les déserts nord
| Saison | Direction Nord | Zénith (au-dessus de la tête) | Direction Sud |
|---|---|---|---|
| Printemps (mars-mai) | Grande Ourse (basse), Cassiopée | Lion, Vierge | Hydre, Centaure (bas) |
| Été (juin-août) | Cygne, Lyre | Triangle d'été (Véga, Deneb, Altaïr) | Sagittaire, Scorpion |
| Automne (sept-nov) | Céphée, Cassiopée | Grand Carré de Pégase, Andromède | Verseau, Poissons |
| Hiver (déc-fév) | Grande Ourse (haute) | Orion, Taureau, Cocher | Grand Chien (Sirius), Lièvre |
Les déserts subtropicaux: sanctuaires de l'astronomie mondiale
En raison de leurs conditions exceptionnelles, les déserts subtropicaux abritent les plus grands observatoires astronomiques de la planète:
- Atacama (Chili): ALMA, VLT, La Silla, Paranal — le désert le plus sec du monde.
- Sahara (Maroc/Algérie/Tunisie): Observatoire d'Oukaimeden (Maroc), sites potentiels dans le Tassili (Algérie).
- Désert d'Arabie: Observatoire de Sharjah (Émirats), projet du désert du Néom (Arabie Saoudite).
- Désert de Sonora (Arizona/Mexique): Observatoire de Kitt Peak, Observatoire Fred Lawrence Whipple.
- Désert de Gibson (Australie): Observatoire de Murchison (futur SKA).
Références
- Astronomical Society of Southern Africa - Observing & Sky Guide (Afrique) (nouvelle fenêtre)
- Sky & Telescope - Stargazing & Observing (Amérique du Nord) (nouvelle fenêtre)
- European Southern Observatory - Night Visits to Paranal (Amérique du Sud) (nouvelle fenêtre)
- timeanddate - Night Sky Tonight, Concordia Station (Antarctique) (nouvelle fenêtre)
- National Astronomical Observatory of Japan - Sky Viewer & Ephemeris (Asie) (nouvelle fenêtre)
- BBC Sky at Night Magazine - Stargazing (Europe) (nouvelle fenêtre)
- Telescope & Astronomie - Observation des planètes (Europe) (nouvelle fenêtre)
- Royal Astronomical Society of New Zealand (Océanie) (nouvelle fenêtre)
FAQ: Tout savoir sur le repérage céleste dans les déserts subtropicaux
Pourquoi les déserts subtropicaux sont-ils si propices à l'observation astronomique?
Situés entre les latitudes 15° et 35° (Sahara, Arabie, Sonora, Atacama, Gibson, Kalahari), ces déserts cumulent des atouts uniques: plus de 300 nuits claires par an, une humidité atmosphérique inférieure à 20% (souvent 5-10% dans l'Atacama), une absence quasi-totale de pollution lumineuse, et une stabilité atmosphérique exceptionnelle. Depuis ces latitudes, l'observateur peut voir la quasi-totalité du ciel boréal et austral.
Comment trouver le nord dans les déserts subtropicaux de l'hémisphère nord?
L'Étoile Polaire (Polaris) est le repère fondamental. Sa hauteur sur l'horizon est approximativement égale à la latitude de l'observateur (par exemple 20-25° depuis le désert d'Arabie). Pour la trouver, on utilise la Grande Ourse: les deux étoiles du bord du "rectangle" de la casserole (Dubhé et Mérak) forment les "gardes". En prolongeant la ligne qu'elles tracent sur une distance environ cinq fois leur écartement, on tombe directement sur Polaris.
Comment s'orienter dans les déserts subtropicaux de l'hémisphère sud?
L'hémisphère sud ne possède pas d'étoile polaire brillante. On utilise donc la Croix du Sud (Crux). On prolonge son grand axe sur une distance environ 4,5 fois la longueur de la croix pour localiser le Pôle Sud céleste. À ces latitudes (20-35° S), la Croix du Sud est particulièrement haute dans le ciel, culminant entre 40° et 70° selon la saison.
Quels sont les repères célestes au printemps boréal (mars-mai)?
La constellation du Lion (Leo) culmine haut dans le ciel, avec son étoile principale Régulus. La constellation de la Vierge se signale par Spica, étoile bleutée. Pour trouver Spica, on prolonge l'arc de la queue de la Grande Ourse: "Suivre l'arc jusqu'à Arcturus, puis poursuivre jusqu'à Spica". La Chevelure de Bérénice forme une tache diffuse (amas ouvert) visible à l'œil nu.
Que voir dans le ciel d'été boréal (juin-août) dans les déserts nord?
Le Triangle d'été domine le zénith, formé par trois étoiles brillantes: Véga (Lyre), Deneb (Cygne) et Altaïr (Aigle). La Voie lactée traverse le ciel du nord-est au sud, apparaissant comme un ruban argenté d'une richesse inégalée. La constellation du Sagittaire (la Théière) pointe vers le centre galactique, avec les nébuleuses de la Lagune et Trifide visibles à l'œil nu.
Quels sont les repères de l'automne boréal (septembre-novembre)?
Le Grand Carré de Pégase est le repère géométrique caractéristique: quatre étoiles formant un grand rectangle. Depuis un coin nord-est du Carré, on remonte vers deux étoiles d'Andromède, puis on bifurque vers le nord pour trouver M31, la galaxie d'Andromède. Dans l'obscurité désertique, elle apparaît comme une tache ovale distincte, l'objet le plus lointain visible à l'œil nu.
Pourquoi l'hiver boréal (décembre-février) est-il la saison reine dans les déserts nord?
Orion est la pièce maîtresse, reconnaissable à sa ceinture de trois étoiles alignées. La ceinture pointe vers Sirius (l'étoile la plus brillante du ciel) et vers les Pléiades (M45). L'Hexagone d'hiver relie six étoiles: Sirius, Procyon, Pollux, Capella, Aldébaran et Rigel. La Nébuleuse d'Orion (M42) est particulièrement brillante dans l'air sec des déserts.
Quels objets peut-on voir à l'œil nu dans les déserts subtropicaux qu'on ne voit pas ailleurs?
La magnitude limite visuelle peut atteindre 7,5 dans les meilleurs sites (Atacama, Sahara central), soit plus de 5 000 étoiles visibles. On peut voir: la galaxie d'Andromède (M31), la galaxie du Triangle (M33), l'amas de la Ruche (M44), l'amas globulaire d'Hercule (M3), les nébuleuses de la Lagune (M8) et Trifide (M20), la nébuleuse d'Orion (M42), ainsi que les Nuages de Magellan dans l'hémisphère sud.
Quels sont les phénomènes uniques observables dans les déserts subtropicaux?
La lumière zodiacale (lueur conique après le coucher du Soleil), le gegenschein (tache de lumière très faible opposée au Soleil), des éclipses solaires avec un risque de nuages quasi nul, et des pluies de météores (Perséides, Géminides, Léonides) atteignant leurs taux horaires maximaux.
Quels sont les grands observatoires installés dans ces déserts?
Atacama (Chili): ALMA, VLT, La Silla, Paranal (désert le plus sec du monde). Sahara: Observatoire d'Oukaimeden (Maroc). Désert d'Arabie: Observatoire de Sharjah. Désert de Sonora (Arizona): Kitt Peak. Désert de Gibson (Australie): Observatoire de Murchison (futur SKA).
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